La taxe Tobin doit faire partie de réformes économiques plus larges

30/08/17 à 09:35 - Mise à jour à 09:35

Source: Belga

La taxe sur les transactions financières (TTF) doit faire partie de réformes économiques plus larges, au niveau européen, a estimé mardi le Premier ministre belge Charles Michel avant une rencontre avec son homologue luxembourgeois Xavier Bettel et le président français Emmanuel Macron.

La taxe Tobin doit faire partie de réformes économiques plus larges

Xavier Bettel, premier ministre du Luxembourg, Charles Michel et Emmanuel Macron. © BELGA

Les négociations sur cette taxe, lancées en 2013 par dix pays européens, bloquent depuis des mois. La TTF, aussi appelée taxe Tobin, vise à prélever 0,1% sur les transactions en actions et obligations et 0,01% sur les produits dérivés.

Charles Michel s'est redit favorable, mardi, à une telle taxe, mais elle doit s'inscrire dans un contexte plus large. "Je ne veux pas une taxe simplement pour taxer", a-t-il souligné auprès de la presse belge. Le débat doit selon lui porter sur une harmonisation de la fiscalité européenne. Il s'agirait de "moins taxer le travail et ceux qui le créent" et d'aller vers "plus de fiscalisation des revenus différents", comme ceux générés par la spéculation. Lier la TTF à d'autres réformes de la zone euro ou de la fiscalité risque de renvoyer aux calendes grecques ses éventuelles adoption et entrée en vigueur.

Pour le Premier ministre belge, c'est en tout cas aux ministres des Finances des pays européens de se saisir du dossier. Mardi, le président français a indiqué souhaiter que les discussions sur la taxe sur les transactions financières continuent à se mener dans le cadre de la coopération renforcée, c'est-à-dire le format actuel à dix. "La France a déjà une telle taxe, elle est relativement indolore et pourrait servir de base pour la taxe européenne", a commenté Emmanuel Macron. "Mais il faudra faire attention de ne pas chasser la base financière que l'on veut taxer."

Le Premier ministre luxembourgeois a par contre opposé un "niet" catégorique à l'idée d'une taxe Tobin. "C'est non si ce n'est pas mondial", a argumenté Xavier Bettel.

Le débat sur la justice fiscale, la manière la plus juste de taxer les différents revenus, a repris de la vigueur en Europe, au fil des révélations sur les montants d'impôt parfois très réduits payés par des entreprises et des spéculateurs.

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