"La reprise va se poursuivre mais s'affaiblir", prévient le FMI

13/09/10 à 10:42 - Mise à jour à 10:42

Source: Trends-Tendances

Des perturbations sur les marchés des obligations d'Etat pourraient "accroître la pression sur les finances publiques, entraîner une perte de confiance sur les marchés, et provoquer un nouveau resserrement important du budget des Etats en difficulté, ce qui pourrait saper la reprise mondiale", selon le FMI.

"La reprise va se poursuivre mais s'affaiblir", prévient le FMI

© Reuters

Le Fonds monétaire international a affirmé, dans une note à l'attention des pays du G20 publiée vendredi, que la reprise de l'économie mondiale allait se poursuivre mais s'affaiblir d'ici à la fin de l'année et au premier semestre de 2011.

D'après les économistes, "la reprise mondiale est entrée dans une nouvelle phase. Dans les économies développées, le soutien de la relance budgétaire et de la reconstitution des stocks est en train de s'amoindrir, et la croissance sera de plus en plus tirée par la consommation et l'investissement. Cependant, les risques sont que la croissance soit plus faible que prévu, l'incertitude élevée sur les marchés financiers constituant un sujet d'inquiétude particulière."

Cette inquiétude provient principalement, selon le FMI, des montants que les Etats de la zone euro ont à emprunter à court terme : "La dette publique qui parvient à maturité dans les économies vulnérables de la zone euro au second semestre de 2010 et en 2011, dépasse les 400 milliards de dollars."

Des perturbations sur les marchés des obligations d'Etat, "dues soit à l'échec d'opérations de refinancement soit à une pénurie de capitaux dans le secteur bancaire, pourraient considérablement accroître la pression sur les finances publiques, entraîner une perte de confiance sur les marchés, et provoquer un nouveau resserrement important du budget des Etats en difficulté, ce qui pourrait saper la reprise mondiale".

Pour autant, Strauss-Kahn ne croit pas en une nouvelle récession

Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, s'est dit confiant lundi que les pays développés ne tomberaient pas dans une nouvelle récession, tout en s'inquiétant d'une reprise économique insuffisante pour créer des emplois.

"Nous ne pensons pas qu'une rechute en récession se produira", a-t-il déclaré à des journalistes en marge d'une conférence conjointe du FMI et de l'Organisation internationale du travail (OIT) à Oslo sur "les défis de la croissance, de l'emploi et de la cohésion sociale". "Bien sûr, c'est impossible d'être sûr, il y a toujours des risques marginaux. Je ne dirai donc pas que c'est absolument impossible mais je ne pense vraiment pas que cela se produira."

Le Français s'est en revanche inquiété de la lenteur de la reprise économique, qui pourrait être insuffisante pour créer des emplois : "Ce qui me préoccupe, c'est une croissance certes sans rechute mais néanmoins atone. L'important, c'est d'avoir une reprise plus robuste, et pas seulement une reprise plus robuste, mais une reprise plus robuste qui crée des emplois."

Selon l'OIT, la crise économique a, depuis 2007, accru de 34 millions le nombre de chômeurs dans le monde. Quelque 210 millions de personnes sont aujourd'hui sans emploi sur la planète.

La Commission européenne relève nettement ses prévisions de croissance

La Commission européenne a nettement relevé sa prévision de croissance économique pour la zone euro en 2010, même si elle a averti des risques qui continuent de peser sur la reprise. Alors qu'en mai dernier, elle ne tablait que sur une croissance de 0,9 % cette année, elle s'attend désormais à une hausse du PIB de 1,7 %.

La Commission note que le premier semestre a été meilleur que prévu, suivi par une croissance "particulièrement forte au cours du deuxième trimestre et plus alimentée par la demande intérieure qu'on ne le prévoyait". Elle a toutefois prévenu que cette croissance risquait de s'estomper vers la fin de l'année.

Ces chiffres sont tirés des prévisions économiques intérimaires, qui ne reprennent que les sept plus grandes économies européennes. Ils confirment les bons résultats de l'Allemagne, qui devrait enregistrer cette année une croissance de 3,4 %.

Trends.be, avec Belga

En savoir plus sur:

Nos partenaires