La modération salariale en Allemagne a contribué à la crise en zone euro

02/12/13 à 15:44 - Mise à jour à 15:44

Source: Trends-Tendances

Le fait d'avoir trop mis l'accent sur la modération salariale n'a pas renforcé l'économie allemande et a même contribué à la crise au sein de la zone euro, selon les conclusions d'une étude de l'institut allemand IMK (Institut für Makroökonomie und Konjunkturforschung), une organisation proche du centre de recherche des syndicats allemands, la Hans Böckler Stiftung.

La modération salariale en Allemagne a contribué à la crise en zone euro

© Thinkstock

Les économistes de l'IMK ont étudié l'évolution salariale des pays européens. Après une modération salariale ces dernières années en Allemagne, les salaires allemands ont davantage progressé en 2012 et lors du premier semestre de 2013 (+2,8% sur base annuelle) que la moyenne de la zone euro (2,2%). Les salaires belges ont quant à eux progressé de 2,9%.

Cette hausse récente et sensible des salaires outre-Rhin, qualifiée de "normalisation", a permis d'atténuer la crise dans la zone euro, sans pour autant entamer la compétitivité de l'Allemagne, a déclaré lundi à Berlin, l'économiste en chef de l'IMK, Adolf Horn.
Ce dernier souligne "les larges critiques internationales" à l'encontre de l'Allemagne et de son important excédent commercial. "Il est dans l'intérêt de l'Allemagne de prendre au sérieux ces critiques. Il est très important de réussir en matière d'exportation. Mais on n'atteint pas le succès quand un pays maximalise toujours plus ses excédents", estime l'économiste.

"De nombreux économistes et responsables politiques allemands ont été obnubilés par l'idée de minimiser le plus possible les coûts salariaux. Le revers de la médaille a été un faible développement des salaires, de la demande intérieure, des importations et des investissements. Cela n'a pas renforcé l'économie allemande. Et cela a contribué à la crise dans la zone euro."

Cette tendance est actuellement lentement en train de s'estomper, constate encore l'économiste.

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