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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

07/08/15 à 14:56 - Mise à jour à 14:56

'La meilleure arme contre le terrorisme, c'est la croissance économique !'

Bien souvent, et malheureusement, lorsqu'en Occident nous parlons de l'Afrique, c'est souvent avec de la pitié ou avec de la résignation.

'La meilleure arme contre le terrorisme, c'est la croissance économique !'

© Reuters

La pitié - ou à tout le moins l'émotion - s'est encore manifestée récemment avec la mort du lion Cécil, abattu illégalement par un dentiste américain ! Le monde pleure à juste titre ce lion, qui dans l'imaginaire occidental fait évidemment penser au film ou au spectacle "Le Roi Lion". Mais comme l'a fait remarquer la publication panafricaine 'Mail and Guardian Africa', le monde pleure un lion, mais ne s'émeut pas du sort des Zimbabwéens. Or, la grande majorité des presque 15 millions d'habitants locaux sont en situation de survie dans l'indifférence générale. Cette publication se demande donc s'il n'y a plus que les animaux sauvages pour encore émouvoir le public occidental ?

La question est cruelle. Si l'opinion publique occidentale peut donner ainsi l'impression de davantage s'émouvoir de la disparition malheureuse d'un lion - plus que pour celle de l'opposant politique Itai Dzamara en mars dernier -, c'est sans doute aussi parce que l'opinion occidentale a souvent placé ses espoirs en vain dans des changements de régime en Afrique. On l'a vu en Egypte: la révolution de 2011 avait suscité beaucoup d'espoirs en Occident, mais ils ont très vite été déçus par la tournure des événements.

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La meilleure arme contre le terrorisme, c'est la croissance économique !

Et puis, l'Occident a aussi pris l'habitude de voir des dictateurs africains se lancer dans des travaux inutiles et totalement disproportionnés par rapport à l'économie des pays en question. J'en parle parce qu'il ne faudrait pas faire cette erreur de jugement pour les travaux d'aménagements du Canal de Suez, dont les médias nous ont parlé ces dernières 24 heures. Bien sûr que les recettes fiscales du nouveau canal de Suez sont surestimées par le nouveau régime. Bien sûr que les retombées économiques seront moins importantes que prévu par ce régime. Ne serait-ce parce les travaux ont été effectués par une main-d'oeuvre peu payée - essentiellement des soldats et des conscrits - et donc, cette politique ne s'accompagne pas d'injections massives de revenus dans l'économie égyptienne. Mais peu importe si les chiffres sont un peu gonflés par le régime en place, ce qui est important, c'est que l'Egypte a un besoin urgent de croissance pour lutter contre le terrorisme.

Le pays est aujourd'hui déserté par les touristes et ce grand bol d'air du Canal de Suez est le bienvenu. D'autant qu'une bonne partie des travaux a été financée par le peuple égyptien lui-même, via une souscription publique, ce qui démontre qu'il n'est pas toujours nécessaire de dépendre de l'argent du Qatar pour lancer des projets pharaoniques, sans jeux de mots. Et puis, cerise sur le gâteau, en tant que Belges nous pouvons être fiers, car les travaux ont été réalisés avec l'aide d'une société belge, DEME, qui figure dans le top mondial pour ce genre de travaux.

En définitive, oui, pleurons le lion Cécil, mais réjouissons-nous aussi de voir que la meilleure arme contre le terrorisme, c'est la croissance économique !

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