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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

27/05/15 à 11:02 - Mise à jour à 11:02

"La grande menace de demain: le monde ordonné contre le monde désordonné"

Quel est le candidat républicain le plus à même de battre la démocrate Hillary Clinton au scrutin présidentiel de 2016 ? Ne cherchez pas la réponse, elle a été donnée par le journaliste Alain Frachon du Monde

"La grande menace de demain: le monde ordonné contre le monde désordonné"

Des réfugiés syriens et afghans arrivent en Grèce, sur l'ïle de Kos, le 26 mai 2015. © REUTERS

Pour lui, c'est clair, ce sera le candidat qui parlera le mieux espagnol. Plus qu'une boutade, Alain Frachon veut pointer par-là, le poids de l'immigration hispanique. N'oublions pas que le président sortant, Barack Obama a été élu et réélu avec 71% des suffrages des Hispano-Américains. Alain Frachon a raison d'insister sur ce phénomène : la globalisation aux Etats-Unis se fait de l'intérieur. Un seul exemple : en 2011-2012, les non-blancs ont représenté un peu plus de la moitié des naissances !

La deuxième question est posée par Thomas Friedman, l'éditorialiste vedette du New York Times. Une question que devra trancher n'importe quel candidat à la Maison-Blanche, mais qu'aucun candidat n'ose même évoquer en public. La grande menace de demain, ce n'est plus l'Est contre l'Ouest, ni le capitalisme contre le communisme, mais ce sera le Monde ordonné contre le monde désordonné. Il suffit de lire vos journaux ou d'allumer vos télévisions, et tous les jours, vous verrez des gens fuir leurs pays parce que ceux-ci sont tombés sous la dictature de fanatiques, de fous de Dieu ou de dictateurs corrompus.

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Que fera le monde ordonné face aux hordes de réfugiés en provenance du monde désordonné ?

L'an dernier, l'agence de l'ONU en charge des réfugiés a estimé qu'il y a aujourd'hui plus de gens déplacés dans le monde que jamais dans l'histoire de l'humanité. L'agence de l'ONU évoque le chiffre de 50 millions. Mais, le souci - et s'en est un - c'est que comme l'écrit Thomas Friedman, nous ne savons pas quoi faire de ces réfugiés. Jadis, nous étions à l'égard de ces pays du sud dans une attitude de colonisateurs ou d'Empires voulant contrôler ces régions ou ces pays. Aujourd'hui, fort heureusement, les choses ont changé, plus personnes ne veut coloniser ces endroits, car à l'arrivée, la seule chose de certaine, c'est une facture salée, très salée même !

Comme ces pays sont incapables de se gouverner eux-mêmes, la question reste en suspens: qui va assurer la stabilité de ces régions ? Que fera le Monde ordonné face aux hordes de réfugiés en provenance du Monde désordonné ? Avant, la réponse - bonne ou mauvaise - venait des États-Unis qui jouaient le rôle de gendarme du monde. Comme le disait Jacques Attali, nous acceptions implicitement leur impérium, car c'étaient les seuls à pouvoir le faire militairement.

Aujourd'hui, suite au scénario catastrophique irakien, plus aucun président des États-Unis n'est prêt à se lancer dans ce genre d'aventure. Comme le dit Thomas Friedman, il faudra bien trouver une réponse : les citoyens américains et européens ont déjà été secoués par la crise, ils le seront encore plus demain par la révolution numérique qui risque d'éliminer 47% des jobs routiniers des cols blancs d'ici 20 ans maximum. Demain, il faudra faire face à un sud de la Méditerranée prêt à exploser faute de perspective d'avenir pour la jeunesse. Voilà une vraie question qu'aucun des candidats à la présidence américaine n'évoque, et à laquelle il faudra bien trouver une réponse économique, et pas seulement un sparadrap humanitaire !

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