La France, éjectée du top 20 au profit de la Corée du Sud

06/09/12 à 17:27 - Mise à jour à 17:27

Source: Trends-Tendances

Comment la France a-t-elle été ejectée du top 20 du classement des du Forum économique mondial (WEF) - recensant les pays les plus compétitifs - au profit de la Corée du Sud ? Décryptage.

La France, éjectée du top 20 au profit de la Corée du Sud

© Reuters

A défaut d'être un véritable choc, c'est une petite humiliation pour la France. Notre voisine ne fait plus partie du groupe des 20 pays les plus compétitifs, selon le classement annuel établi par le World Economic Forum. La France pointe désormais à la 21ème place (elle était 18ème l'an dernier). Loin derrière l'Allemagne, la Belgique à la 17ème place, les Etats-Unis et les pays d'Europe du Nord, qui trustent les premières marches du palmarès.

A première vue, on pourrait se dire que les raisons du décrochage français sont nombreuses. Après tout, le classement du WEF est bâti à partir de 12 piliers, eux mêmes subdivisés en de nombreuses catégories. Pourtant, c'est bien à la Corée, déjà pointée du doigt par Arnaud Montebourg, que la France doit en grande partie sa glissade. Explications.

Des Coréens toujours plus compétitifs

En regardant le classement du WEF de près, une chose frappe : les vingt premiers pays de la liste sont les mêmes que l'an passé. A une exception près : la France, qui perd trois places, est éjectée du peloton de tête. Elle laisse sa place ... à la Corée du Sud, qui gagne cinq places, une performance exceptionnelle pour un pays de cette taille (environ 1000 milliards de dollars de PIB). Comment la Corée a-t-elle fait pour doubler la France ? En jouant sur ses atouts : productivité, flexibilité et éducation.

En l'espace d'un an, la Corée s'est dévouée entièrement - si c'était encore possible - au développement de son économie et de ses exportations. Les chiffres sont spectaculaires. Le pays du matin calme a fait un bond de 52 places en matière de flexibilité des salaires. Sans surprise, cela a détérioré considérablement les relations entre la main d'oeuvre et les patrons coréens (le pays perd 79 places sur ce critère). Plus impressionnant encore, la Corée a fait un bond de 103 places en ce qui concerne la libéralisation de son économie, c'est-à-dire l'instauration de la libre concurrence et la lutte contre les monopoles. Elle progresse aussi de 93 places sur le critère : nombre de jours nécessaires pour monter "un business".

Bref, la Corée a réussi en un an, à se rendre encore plus compétitive. Elle a même consolidé sa position en prenant des mesures protectionnistes, puisqu'elle perd 8 places sur la mise en place de barrière douanières. Ce constat édifiant tend à confirmer les propos d'Arnaud Montebourg, qui voit dans l'accord de libre échange passé entre la France et la Corée, un risque pour nos entreprises.

Une France qui décroche

Cependant ce n'est pas seulement en taillant des croupières aux industriels français que la Corée est passée devant la France. Notre pays est aussi lourdement pénalisé par des facteurs internes. La qualité de l'éducation tout d'abord. Dans ce domaine, la France perd près de dix places en l'espace d'un an. Un décrochage qui s'explique notamment par l'enseignement des mathématiques, domaine dans lequel les Coréens excellent : ils ont justement gagné 42 places en un an sur ce critère.

Deuxième faiblesse française, "l'efficience du marché des biens". Derrière ce jargon d'économiste, un constat simple. Les monopoles ou quasi monopoles ont la vie dure en France. Un problème que la politique économique ne parvient pas à éradiquer.

A en croire le rapport du WEF, la situation est exactement inverse en Corée : les monopoles cèdent du terrain. Certes, ce point peut sans doute être discuté. En effet, l'économie coréenne est connue pour être tenue par quelques conglomérats - Samsung en tête - qui concentrent la majorité des profits. Le rapport du WEF montre peut-être ici ses limites : il est en grande partie réalisé à partir de sondages, au lieu de tenir compte avant tout de données économiques réelles (cette année, plus de 15 000 chefs d'entreprise ont été contactés dans 144 pays).

Cependant, cela ne change pas le message de fonds. La France décroche et la Corée devient plus compétitive que nous. Dans le dernier classement de l'International Institute for Management Development de Lausanne - basé justement sur des chiffres - elle se classe au 22ème rang. La France, elle, est 29ème.

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