La France échappera-t-elle à la récession en 2012?

08/08/12 à 16:38 - Mise à jour à 16:38

Source: Trends-Tendances

La Banque de France prévoit une entrée de récession de la France au troisième trimestre. L'Insee est plus optimiste et prévoit une croissance de 0,4% cette année. Quoi qu'il en soit, cette faible croissance complique l'équation budgétaire pour le gouvernement.

La France échappera-t-elle à la récession en 2012?

© Reuters

La France échappera-t-elle à la récession? Non, selon la Banque de France. La BdF a publié ce mercredi une première estimation du produit intérieur brut au troisième trimestre 2012: -0,1% Or elle prévoyait déjà un recul de 0,1% au deuxième trimestre. Si ces prévisions se réalisaient, l'économie française connaîtrait une nouvelle récession avec deux trimestres consécutifs de recul du PIB. Cette contraction de l'économie française serait la première depuis que la France est sortie de la récession, au printemps 2009.

Au premier trimestre de cette année, l'économie française a enregistré une croissance nulle. Le gouvernement a abaissé ses prévisions début juillet, ramenant son estimation à une croissance du PIB de 0,3% en 2012 et à environ 1,2% pour 2013, contre 0,4% et 1,7% attendus auparavant. Le 1er août, le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a admis qu'il demeurait "inquiet" pour les chiffres de la croissance mais n'envisageait pas d'abaisser une nouvelle fois sa prévision pour 2012.

Les chiffres officiels de la croissance au deuxième trimestre ne seront connus que fin septembre. L'Insee, qui les publie, est cependant moins pessimiste que la Banque de France. L'Institut national de la statistique prévoit en effet une croissance nulle au deuxième trimestre, puis un léger dynamisme en fin d'année, avec une hausse du PIB de 0,1% au troisième trimestre et de 0,2% au quatrième. Au total, la croissance devrait atteindre 0,4% selon l'Insee.

Le ralentissement de la croissance complique l'équation budgétaire

A la mi-juillet, le Fonds monétaire international (FMI) avait légèrement revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la France en 2012 et en 2013 dans un contexte de fortes turbulences au sein d'une zone euro. Tout comme le gouvernement français désormais, le FMI prévoyait une progression de 0,3% du PIB cette année, soit 0,1 point de moins qu'attendu en avril. Il était en revanche plus pessimiste que le gouvernement pour 2013 avec une prévision de 0,8% (en recul de 0,2 point sur ses précédentes prévisions).

Principal moteur de la croissance, la consommation des ménages français a très légèrement progressé en juin (0,1%) mais a fléchi de 0,2% sur l'ensemble du deuxième trimestre, avait indiqué fin juillet l'Insee. Le net ralentissement de la croissance complique l'équation budgétaire du gouvernement. Moins de croissance signifie moins de recettes fiscales. Le gouvernement a déjà annoncé qu'il manquait entre 7 à 10 milliards d'euros pour bouler l'exercice budgétaire 2012 et ramener le déficit public à 4,5% du PIB, comme la France s'y est engagée auprès de Bruxelles, contre 5,2% fin 2011.

Le budget rectificatif 2012 adopté par le Parlement fin juillet prévoit 7,2 milliards de hausses d'impôts. Cela devrait permettre de tenir l'objectif sur 2012. Mais le plus gros de l'effort reste à venir. Avec une croissance estimée à 1% en 2013, il faudra dégager 33 milliards d'euros d'économies supplémentaires l'an prochain pour ramener le déficit public à 3% du PIB, selon la Cour des comptes.

Un montant qu'avait déjà évoqué François Hollande pendant la campagne présidentielle. "Le vrai débat, ce n'est pas combien, mais qui va les payer", expliquait alors le candidat socialiste. Sa réponse: des hausses d'impôts, de l'ordre de 17,3 milliards sur les entreprises et de 11,8 milliards sur les ménages. Mais le gouvernement a d'ores et déjà compris que ces hausses d'impôts ne suffiront pas et qu'il faudra également couper dans les dépenses publiques. Il a commencé à abattre ses cartes sur les coupes budgétaires qu'il lui faudra réaliser. Contrairement à 1981, les socialistes au pouvoir n'attendront pas deux ans pour prendre le tournant de la rigueur.

Trends.be avec L'Expansion

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