Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

18/05/16 à 16:09 - Mise à jour à 16:09

'La faute grave de Sarkozy qui illustre le fossé entre politiques et citoyens'

Nos élites politiques sont-elles déconnectées de la réalité ? La réponse est hélas... oui. Et si vous en doutez, si vous pensez qu'après toutes ces années de crise, ils se sont rapprochés du citoyen, et bien Nicolas Sarkozy vient de prouver qu'il n'en était rien...

'La faute grave de Sarkozy qui illustre le fossé entre politiques et citoyens'

© AFP

Nicolas Sarkozy, l'homme providence de la France, a récemment avoué ne pas savoir ce qu'était "Le Bon Coin". Inutile de vous dire qu'en France, cet aveu d'ignorance a provoqué des railleries par tonnes sur les réseaux sociaux. Les plus anciens lecteurs se souviendront de l'interview de Jacques Chirac, par Yves Mourousi, durant laquelle il n'avait pas parlé de 'souris' mais de 'mulot' lorsqu'il évoquait la souris d'un ordinateur... Ça ne s'invente pas, mais bon, on pouvait au moins se dire que c'était une autre époque. Mais là, en 2016, avouer publiquement qu'on ne sait pas ce qu'est 'Le Bon Coin' alors qu'on prétend vouloir résoudre les maux de la France, c'est inquiétant ! C'est inquiétant, car c'est l'un des sites les plus visités de France, même les Belges connaissent ce site internet français. En l'occurrence, 25 millions de Français s'y connectent tous les mois !

C'est également inquiétant de ne pas connaitre ce site, car si on peut y consulter des offres en matière immobilière, 'Le Bon Coin' propose aussi des offres d'emplois. Il y a au total 260.000 annonces, dont un tiers pour des postes de commerciaux. Le site est plus réactif que Pole Emploi (l'équivalent de l'ONEM en Belgique). Entre la publication d'une offre et le recrutement effectif, il ne s'écoule pas plus de deux semaines, selon la direction de ce site Internet ! Comment peut-on se présenter à la présidentielle, principalement pour tenter de faire refluer le taux de chômage, et ignorer à ce point le quotidien de ses futurs administrés ? C'est en soi une faute professionnelle grave...

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Ce n'est pas parce que les politiques ont des comptes Twitter ou Facebook qu'ils sont forcément au fait de l'économie numérique

Mais soyons de bon compte, Nicolas Sarkozy n'est probablement pas le seul politique à ignorer le fonctionnement de la nouvelle économie numérique. Le grand public ne s'en rend pas forcément compte, mais ce n'est pas parce que des hommes ou des femmes politiques ont des comptes Twitter, Facebook ou Snapchat qu'ils sont au fait de cette économie numérique. Et cela pour une simple raison, ils ont compris que l'air du temps leur commandait d'être sur ces réseaux sociaux, mais ils n'ont pas le temps de s'en occuper. Sauf quelques exceptions, les messages Twitter sont rédigés par des équipes de communication dédiées à cela. Dans l'absolu, pourquoi pas, mais l'erreur à ne pas commettre, c'est de penser que puisque Madame X ou Monsieur Y est sur Twitter, c'est qu'il ou elle est forcément en phase avec la population.

La bourde de Nicolas Sarkozy montre qu'une partie du personnel politique n'a qu'une vague idée de ce qui se trame réellement hors de son microcosme. Il faudrait faire le test en Belgique, rien que pour voir...

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