Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

06/08/15 à 14:03 - Mise à jour à 14:03

'La déflation n'est peut-être pas un cercle à ce point vicieux'

La déflation, c'est le plus grand danger qui guette notre bonne zone euro, nous dit-on. Comme les prix sont bas, proche de 0%, la peur de nos dirigeants est de nous voir tomber dans une inflation négative, et là, ce serait la pire des choses. Voici pourquoi.

'La déflation n'est peut-être pas un cercle à ce point vicieux'

© istock

La déflation, c'est une période où chacun pense que les prix seront plus bas demain ou après-demain, et donc tout le monde s'abstient d'acheter. Résultat des courses: les prix finissent bien par baisser. Mais ces prix sont aussi un revenu pour les entreprises. Si leurs revenus baissent, les sociétés n'ont d'autre choix que de baisser leurs marges. Et si cela ne suffit pas, elles sont obligées de licencier. Mais si elles licencient, le taux de chômage augmente, et ce sont autant de personnes qui consommeront moins. Par conséquent, cela voudra dire que la demande pour les biens et les services va encore diminuer, et que les prix vont encore baisser.

Vous l'avez compris, avec la déflation, nous entrons dans un cercle vicieux très dangereux pour nos économies. Nos dirigeants politiques et monétaires européens ont donc décrété que la déflation était la pire des choses et qu'il fallait absolument lutter contre elle.

Mais la question que se posent d'autres experts est: 'nos dirigeants ont-ils fait le bon diagnostic ?' Pensez-vous vraiment que s'il y a déflation, les consommateurs vont reporter leurs achats ? Certains en doutent fortement. Si vous devez acheter un nouveau frigidaire à 300 euros - et que la déflation est de par exemple -1% -, allez-vous vraiment reporter votre achat pour économiser 3 euros ? Cela ne tient pas la route évidemment.

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Faut-il vraiment avoir peur de la déflation ? Nos dirigeants ont répondu à notre place...

Même au Japon, pays souvent cité comme victime de la déflation, personne n'a constaté des reports d'achats. Et le pire, c'est qu'une étude commanditée par la Banque des règlements internationaux (BRI) - c'est-à-dire la banque centrale des banques centrales - n'a constaté aucune corrélation historique entre la déflation et la baisse de la croissance. En fait, certains experts pensent même que la déflation, ou à tout le moins la baisse des prix, est la nature même du capitalisme: l'entrepreneur essaie toujours de produire plus, mieux et pour moins cher.

On constate ce phénomène avec des produits de grande consommation comme les smartphones qui - à qualité technique égale, j'insiste sur ce dernier point - coûtent moins cher que par le passé.

La véritable question est donc: 'faut-il vraiment avoir peur de la déflation ?' Nos dirigeants ont répondu à notre place. Espérons qu'ils ne se sont pas trompés. Et espérons également qu'ils n'ont pas trop manipulé l'indice des prix à la baisse, car pour la classe moyenne, l'inflation est sans doute faible, mais pas le coût de la vie...

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