La CSC participera finalement à la négociation sur l'accord interprofessionnel

16/11/16 à 10:34 - Mise à jour à 10:34

Source: Belga

La CSC participera à la négociation sur l'accord interprofessionnel (AIP) avec les employeurs. Le syndicat chrétien demande cependant trois engagements concernant l'emploi, une marge sérieuse pour le pouvoir d'achat et des emplois qualitatifs, a indiqué mardi son président Marc Leemans.

La CSC participera finalement à la négociation sur l'accord interprofessionnel

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M. Leemans s'était pourtant montré dubitatif le mois dernier sur sa présence à la table des négociations à la suite de l'annonce des dernières mesures budgétaires du gouvernement Michel.

La direction du syndicat, tant francophone que néerlandophone, est sur la même longueur d'ondes, insiste Marc Leemans, qui s'interroge sur la réussite des discussions à venir. "Mais nous nous rendons compte que cela sera difficile. On ne pourra jamais dire que cela n'a pas réussi car la CSC n'était pas autour de la table", souligne-t-il.

D'après le président de la CSC, il faut "rester réaliste" sur le résultat auquel déboucheront les négociations salariales bisannuelles entre syndicats et patrons au sein du Groupe des Dix. Il rappelle ainsi qu'à ses yeux, les mesures prises ces derniers mois ont été écrites sur mesure pour les employeurs.

Ainsi, malgré sa bonne volonté, le syndicat chrétien affirme ne toujours pas avoir digéré la réforme de la norme salariale décidée par le gouvernement fédéral dans le cadre du dernier conclave budgétaire. Cette loi, datant de 1996, définit la marge de négociation des partenaires sociaux quant à une hausse des salaires, en comparant ceux-ci avec les pays voisins.

La nouvelle version du texte prévoit la mise en place d'une marge de sécurité, à l'exception de compensations lors de déraillements. Et si le handicap salarial accumulé depuis vingt ans est résorbé, les montants dégagés iront à la réduction historique du handicap salarial. Pour le président de la CSC, l'exécutif Michel agit ici en contradiction avec son propre accord de gouvernement car il est donc question d'examiner l'écart salarial d'avant 1996. "Manipulation", tonne M. Leemans.

Le syndicat agira sur trois axes lors des négociations, avec d'abord celui "d'engagements concrets pour l'emploi". M. Leemans fait référence aux contributions réduites, au taxshift et d'autres mesures dont bénéficient les employeurs. Ces derniers "recevront 25 milliards d'euros ces prochaines années", souligne M. Leemans, "sans la moindre promesse" de leur part. Le président de la CSC exige de nouveaux emplois en contrepartie de cette baisse de charges.

Le syndicat réclame aussi "une marge sérieuse pour le pouvoir d'achat", c'est-à-dire une hausse salariale, notamment parce que le gouvernement a pris des mesures telles qu'un saut d'index. Enfin, troisième axe avancé lors des négociations, celui d'emplois qualitatifs. D'après M. Leemans, le gouvernement a mal géré le dossier du travail faisable y insérant trop de flexibilité. Le syndicaliste assure qu'il déposera lui-même des éléments en la matière sur la table des négociations.

Jeudi, syndicats et patrons se retrouveront bien qu'il apparaisse déjà que peu de grandes avancées y seront engrangées, laisse-t-on entendre à la CSC. Le rapport du Conseil central de l'Economie (sur les marges maximales disponibles pour l'évolution des coûts salariaux en comparaison avec les pays voisins), qui lance traditionnellement les négociations, n'a de toutes façons pas encore été publié.

Si la FGTB a mis la pression sur ces discussions la semaine passée, annonçant envisager la tenue d'une grève générale mi-janvier en fonction des résultats des négociations sur l'AIP, Marc Leemans a, lui, rappelé qu'une telle action contre la politique du gouvernement n'était pas à l'ordre du jour à la CSC. Le débat porterait alors sur la grève-même, avance-t-il pour justifier sa position. Le syndicat a plutôt opté pour des actions ciblées. Ce fut le cas la semaine passée lors d'une action au cabinet du ministre de l'Emploi Kris Peeters pour dénoncer le risque que des chômeurs perdent leurs allocations d'insertion à l'avenir.

Une manifestation en front commun syndical est par ailleurs prévue le jeudi 24 novembre dans le secteur non-marchand.

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