La crise a-t-elle abîmé la "marque Belgique" à l'étranger ?

25/05/10 à 09:18 - Mise à jour à 09:18

Source: Trends-Tendances

En visite à Shanghai, Yves Leterme a certes tenu à relativiser : "Certains ont décidé qu'il fallait faire chuter le gouvernement, c'est dommage mais il faut relativiser la crise. L'image du pays n'est pas abîmée pour autant." Les patrons réunis dans la métropole chinoise ne partagent pas tout à fait son optimisme : pour eux, "il faut cesser de se regarder le nombril !"

La crise a-t-elle abîmé la "marque Belgique" à l'étranger ?

© Belga

Des investisseurs belges présents à l'exposition universelle de Shanghai appellent les responsables politiques belges et européens à soutenir l'accès au marché chinois. Ils sont d'avis que ce point doit constituer une priorité de la présidence belge de l'Union européenne. Car si les entrepreneurs sont en première ligne pour faire des affaires, ils comptent sur le politique pour "créer la confiance".

Une série d'investisseurs belges étaient réunis vendredi dans le cadre d'un meeting organisé en collaboration avec la Chambre de commerce Chine-Benelux et auquel a participé le Premier ministre, Yves Leterme. De part et d'autres, on a souligné l'intérêt de ce type d'événements : "Il faut profiter de la présidence belge de l'Union européenne pour donner un coup d'accélérateur à notre politique en Chine, indique ainsi Philippe Snel, représentant à Shanghai de la société de conseil juridique De Wolf & Partners. Aujourd'hui, l'Europe n'est nulle part en Chine. Quant à la Belgique, l'histoire BHV, l'absence de gouvernement et les crises à répétition donnent un signal négatif. On doit se focaliser sur la promotion de nos exportations - or, actuellement, l'Europe et la Belgique se regardent le nombril."

Aux yeux de Mark Goyens, président de Bekaert Asie, la question qui se pose est de savoir "comment continuer à participer à la croissance chinoise dans les 15 prochaines années". Le leader des produits tréfilés emploie actuellement 9.000 personnes en Chine.

Pour les patrons connaisseurs de la Chine, il faut miser sur l'innovation : "La seule manière d'être compétitif est de constamment venir avec des nouveautés", assure Philippe Snel. Pour ce faire, il faut pouvoir appréhender le marché chinois dans toute sa complexité. "Tout change constamment et de plus en plus vite, les lois sur le travail, l'environnement, etc.", prolonge Marc Goyens. A cet égard, les chefs d'entreprises sont demandeurs d'un soutien des pouvoirs publics - consulat, agences régionales à l'exportation, etc. - leur permettant de réagir très rapidement.

Le monde économique belge présent en Chine a salué la visite à Shanghai du Premier ministre, venu jeudi et vendredi après qu'une mission officielle eut été annulée fin avril en raison de la chute du gouvernement. Premier ministre sortant, Yves Leterme a voulu montrer, lors d'une visite privée, qu'il n'y avait pas de vacance du pouvoir en dépit du climat préélectoral et de la limitation de l'action du gouvernement à la gestion des affaires courantes : "Certains ont décidé qu'il fallait faire chuter le gouvernement, c'est dommage mais il faut relativiser la crise, a-t-il précisé à l'agence Belga. L'image du pays n'est pas abîmée pour autant. A l'échelle européenne, d'autre pays sont plutôt dans le viseur." En Chine, les entreprises "ont besoin de l'image belge", a-t-il ajouté, soulignant que le gouvernement devra y travailler.

S'agissant de la Chine et du reste de l'Asie, la Belgique sera amenée à jouer un rôle important sur la scène internationale, alors qu'elle s'apprête à présider l'Union européenne et, au mois d'octobre, le sommet de l'ASEM. Yves Leterme a visité jeudi une série de pavillons à l'exposition universelle de Shanghai. Le compte-rendu du Shanghai Daily de vendredi ­laisse penser que la complexité des institutions belges et européennes et l'image qu'elle renvoie n'ont pas encore été pleinement assimilées dans cette importante région du monde. La légende au-dessous de la photo du Premier ministre évoquait en effet la visite du "président belge Van Rompuy".

Trends.be, avec Belga

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