La Commission européenne place la Grèce sous une surveillance économique inédite

03/02/10 à 16:31 - Mise à jour à 16:31

Source: Trends-Tendances

La Commission européenne a approuvé mercredi le programme d'austérité annoncé par la Grèce, tout en plaçant le pays sous une surveillance inédite.

La Commission européenne place la Grèce sous une surveillance économique inédite

© Epa

Elle a adopté deux recommandations: l'une relative à la correction du déficit excessif, l'autre imposant au gouvernement de mettre en oeuvre des réformes structurelles, notamment dans les pensions et les soins de santé. La dernière se base sur une procédure qui n'a jamais été initiée par le passé.

"C'est la première fois que nous établissons un système de surveillance si intense et quasiment permanent", a indiqué le commissaire aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, lors d'une conférence de presse.

Le gouvernement grec sera sommé de rendre compte de ses mesures d'économie et réformes dès le 16 mars, soit un mois après l'adoption formelle des recommandations par les ministres européens des Finances. Il devra ensuite faire le point le 16 mai, puis tous les trois mois.

La Grèce doit non seulement ramener son déficit de plus de 12% du PIB en 2009 à moins de 3% du PIB en 2012, mais aussi remédier aux déséquilibres structurels de son économie, qui sont, aux yeux de la Commission, à l'origine du dérapage budgétaire. Athènes est donc prié de réformer la fonction publique, les retraites et les soins de santé et de flexibiliser son marché du travail.

Cette procédure se base sur l'article 121 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, un article jamais utilisé jusqu'à présent. Il dispose quelorsque les politiques économiques d'un pays "risquent de compromettre le bon fonctionnement de l'Union économique et monétaire, la Commission peut adresser un avertissement".

Il s'agit d'éviter qu'un pays ne porte atteinte à la crédibilité de l'euro en s'écartant trop des grandes orientations économiques communes. Car si la zone euro dispose d'une politique monétaire unique, confiée à la Banque centrale européenne, elle reste fragilisée par l'existences de politiques très différentes d'un pays à l'autre.

Les problèmes de la Grèce, mais aussi de l'Espagne et du Portugal, victimes comme elle d'une grave perte de compétitivité et de déficits structurels, pourraient ainsi devenir intenables à terme, étant donné que ces pays ont perdu, avec l'euro, la possibilité de dévaluer leur monnaie. Ces risques seront l'un des aspects de la discussion sur la nouvelle stratégie économique de l'UE à l'horizon 2020. Le débat sera conduit dans les prochains mois sous la direction d'Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen. Une première rencontre entre chefs d'Etat est prévu le 11 février à Bruxelles.

Trends.be, avec Belga

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