'La Chine n'a pas l'intention de dévaluer le yuan'

22/01/16 à 10:51 - Mise à jour à 10:51

Source: Afp

Pékin n'a pas l'intention de dévaluer sa monnaie, a assuré dans un entretien à Bloomberg News le vice-président chinois Li Yuanchao, soucieux d'apaiser les inquiétudes sur la politique monétaire du pays après la récente chute du yuan.

'La Chine n'a pas l'intention de dévaluer le yuan'

/ © REUTERS

"Les fluctuations sur le marché des devises sont le résultat des forces de marché, et le gouvernement n'a aucune intention de dévaluer et n'entreprend pas de politique de dévaluation", a-t-il affirmé en marge du Forum économique mondial à Davos.

Les responsables chinois présents dans la station suisse ne ménagent pas leurs efforts pour envoyer des messages rassurants sur la santé de la deuxième économie mondiale et leur politique monétaire.

Et ce alors que le yuan est sous forte pression en raison des inquiétudes sur l'essoufflement de l'activité en Chine et de l'intensification des flux de capitaux hors du pays, en dépit des restrictions drastiques imposées par les autorités.

La patronne du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde avait reproché jeudi à la Chine de "ne pas communiquer suffisamment" sur les évolutions de son système de change, alimentant l'incertitude.

Pékin a récemment exacerbé la dépréciation du renminbi (autre nom du yuan) en abaissant durant huit séances consécutives (soit de 1,4% au total) le niveau de référence autour duquel la monnaie est autorisée à fluctuer face au dollar. Le yuan évolue à des plus bas depuis cinq ans.

Ce qui laisse craindre une politique de dévaluation continue. Le géant asiatique avait déjà ébranlé les marchés mondiaux en août en abaissant drastiquement le taux-pivot du yuan.

Une décision largement perçue comme une dévaluation compétitive -- destinée à soutenir les exportateurs chinois --, mais Pékin s'en était défendu, assurant avoir simplement modifié son mode de calcul pour mieux refléter les tendances du marché.

Mais la convertibilité du yuan reste étroitement encadrée, et la banque centrale (PBOC) est intervenue massivement, via des achats de yuans, pour soutenir le cours de la monnaie et limiter son repli.

De fait, la dépréciation renchérit le coût des importations chinoises, alourdit les dettes en dollars des entreprises du pays et sape les ambitions de Pékin d'installer le yuan comme une monnaie internationale "de référence".

Pour Li Yuanchao, "d'un côté, la Chine s'efforce d'élargir le marché pour le yuan" en ouvrant davantage son système de changes, "mais d'un autre côté nous avons besoin de nous assurer que la devise reste stable"... d'où les attitudes parfois contradictoires des autorités.

"Récemment, certaines fluctuations dans l'économie chinoise, ses places boursières et les marchés étrangers ont entraîné des réactions excessives de la part de la communauté internationale", mais celle-ci doit "retrouver confiance", a ajouté M. Li.

La Bourse de Shanghai a perdu environ un cinquième de sa valeur depuis début janvier, faisant trébucher les marchés internationaux, alors que s'accroissent les doutes sur la capacité de Pékin à éviter "un atterrissage brutal" de l'économie et à entreprendre les réformes structurelles censées rééquilibrer son modèle de croissance et accorder un rôle accru au secteur privé.

Autre source d'inquiétude, les fuites de capitaux hors de Chine s'intensifient, les investisseurs redoutant que s'aggrave encore la dépréciation du yuan. Elles ont atteint 97 milliards de dollars en décembre, selon la banque Goldman Sachs.

L'administration étatique en charge du marché des changes (SAFE) a cependant minimisé jeudi la tendance, faisant au contraire état d'un repli de ces fuites de capitaux au quatrième trimestre 2015 et assurant que l'impact économique restait "contrôlé".

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