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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

15/09/14 à 13:54 - Mise à jour à 13:54

La Belgique voit le scénario de l'indépendance de l'Ecosse d'un mauvais oeil

L'Europe n'avait vraiment pas besoin de ça... E le " ça ", c'est le fameux référendum sur l'indépendance de l'Ecosse ce 18 septembre.

La Belgique voit le scénario de l'indépendance de l'Ecosse d'un mauvais oeil

© REUTERS

Pendant longtemps, personne n'en parlait ou très peu car les sondages donnaient le "non" à l'indépendance comme majoritaire. Mais, depuis quelques semaines, les partisans du "oui" grimpent dans les sondages et cela effraie non seulement la Bourse de Londres, mais également, la commission européenne et finalement tous les autres pays, à commencer par la Belgique ou l'Espagne, qui voient ce scénario d'indépendance d'un mauvais oeil.

Sur le plan économique, c'est la nervosité qui prime. D'abord, parce que la livre sterling est en baisse à cause de ces incertitudes économiques : il ne faut pas oublier que l'Ecosse est tellement imbriquée avec le reste du Royaume-Uni qu'il est difficile d'évaluer l'impact économique d'une indépendance de l'Ecosse.

Puis, la question de savoir quelle sera la devise de l'Ecosse indépendante divise également les experts et les hommes politiques. Les indépendantistes voudraient garder la livre sterling, mais Londres a déjà fait savoir qu'il n'en était pas question. Ce à quoi les indépendantistes ont répondu que dans ce cas, ils n'assumeraient pas la part écossaise de la dette publique britannique.

Bien entendu, certains pensent que l'Ecosse pourrait adhérer à l'euro par défaut, mais ce ne serait pas aussi facile que cela car la commission européenne a bien fait comprendre qu'en cas d'indépendance, l'Ecosse devra demander une adhésion à la zone euro, et que donc, elle devra respecter les critères économiques requis pour entrer dans la zone euro.

Mais même si elle était acceptée au sein de la zone euro, ce serait également un problème, car cela voudrait dire que l'Ecosse dépendrait de la BCE pour sa politique monétaire alors que ses liens économiques resteraient prédominants avec le Royaume-Uni... Sans compter que la commission européenne ne serait pas très chaude pour accueillir une Ecosse indépendante car cela donnerait des idées à la Catalogne et à d'autres régions, comme par exemple, la Flandre. Oui, le référendum sur l'indépendance de l'Ecosse ne concerne pas seulement les Ecossais, il nous concerne également indirectement en tant que Belges francophones !

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