La Belgique sera-t-elle la nouvelle Irlande ? "Trois fois non !"

06/12/10 à 09:47 - Mise à jour à 09:47

Source: Trends-Tendances

Les rumeurs sur la situation économique belge ont forcé Didier Reynders à le réaffirmer : la Belgique ne fera pas appel à une aide financière extérieure. Et ce, pour trois raisons, selon notre ministre des Finances.

La Belgique sera-t-elle la nouvelle Irlande ? "Trois fois non !"

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La Belgique se porte plutôt bien et n'est pas menacée de devoir faire appel à une aide financière extérieure, comme la Grèce et l'Irlande, a assuré samedi Didier Reynders, notre ministre des Finances, à la suite de rumeurs sur la situation du pays.

"Nous n'avons pas de vrai problème en Belgique pour l'instant en raison de notre bonne situation, a-t-il affirmé à des journalistes qui l'interrogeaient sur le risque de contagion de la crise financière à son pays, du fait de l'incertitude politique qui y règne depuis des mois. Non seulement nous sommes en ligne avec l'évolution en Allemagne (Ndlr, allusion à la forte capacité exportatrice de la Belgique), mais en Belgique, nous bénéficions d'un niveau très correct de déficit. Troisièmement, notre situation économique est bonne."

Conclusion de notre grand argentier : "Nous finirons l'année avec un déficit budgétaire de 4,7 % du PIB. Quant à la dette, son niveau est inférieur à celui du programme de stabilité (Ndlr, que la Belgique a fixé en accord avec l'UE), étant en dessous des 100 % du PIB. Nous sommes l'un des rares pays à être en ligne avec le programme de stabilité !"

Reynders met en garde contre une pression des marchés due à la crise politique

Didier Reynders est toutefois d'avis que la persistance des négociations en vue de la mise sur pied d'un gouvernement fédéral pourrait susciter "un climat psychologique, source de difficultés dans quelques semaines" sur les marchés financiers.

Précisant sa pensée dans les colonnes du Morgen, notre ministre des Finances ajoute que "l'instabilité politique est un problème plus important que l'ensemble des éléments positifs que nous pouvons mettre sur la table" pour justifier la bonne santé de notre économie.

Samedi, interrogé par l'AFP, Didier Reynders se voulait encore rassurant sur la situation économique en Belgique mais la situation pourrait devenir plus compliquée dans quelques semaines, avertit le ministre des Finances, dont le parti, le MR, n'est pas associé aux discussions institutionnelles sur l'avenir du pays.

"Dans tous les pays européens, on parle budget : ici, on ne discute que de questions institutionnelles !", déplore-t-il, évoquant les 22 milliards d'économies que le prochain gouvernement devra trouver pour ramener les finances à l'équilibre d'ici 2015.

Le ministre des Finances ne dramatise pas pour autant la situation, répétant une nouvelle fois que, selon les derniers chiffres de la Banque nationale, la Belgique continue d'évoluer conformément à la trajectoire du programme de stabilité.

Pression des marchés sur la Belgique : Herman Van Rompuy rassure

Pour Herman Van Rompuy, interrogé lundi sur la VRT-Radio, "les facteurs objectifs finissent toujours par l'emporter". Or, précise-t-il, la Belgique dispose d'un bon dossier.

Le président permanent du Conseil européen rappelle que, lorsqu'il était Premier ministre, il avait fait confectionner par son gouvernement un budget sur deux ans. L'effort ne sera pas très important en 2011 pour ramener le déficit de 4,7 % à 4,1 %, précise-t-il, même en l'absence de gouvernement.

Il reconnaît cependant qu'il faudrait, pour consolider le climat psychologique, "accélérer" les négociations en vue de la formation de la nouvelle équipe, même si, à ce stade, la crise politique n'est pas encore aussi longue qu'en 2007. Contrairement au parti de Didier Reynders, le CD&V, auquel appartient Herman Van Rompuy, participe aux négociations en cours.

Trends.be, avec Belga

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