L'Union européenne se déchire sur le budget 2011

16/11/10 à 11:04 - Mise à jour à 11:04

Source: Trends-Tendances

Parlement et Etats membres ne sont pas parvenus lundi soir, au dernier jour d'une procédure de conciliation, à dégager un accord sur le budget communautaire pour 2011, ouvrant une crise au sein de l'Union européenne qui risque de voir son prochain budget gelé à son niveau de 2010, et libéré mois par mois selon un régime de douzièmes provisoires, une situation que l'UE n'avait plus connue depuis les années '80.

L'Union européenne se déchire sur le budget 2011

© Belga

"Nous avons été au bout de la procédure de conciliation (...) mais n'avons pas pu parvenir à un accord", a déploré lundi, peu après minuit, le secrétaire d'Etat au budget, Melchior Wathelet au nom de la présidence belge de l'Union qui pilotait les travaux. "Nous nous dirigeons maintenant vers la procédure d'un budget selon les douzièmes provisoires", a-t-il ajouté.

S'ils étaient d'accord de porter le budget 2011 à quelque 130 milliards l'année prochaine, soit une hausse de 2,91%, Parlement et Conseil n'ont pu s'accorder au fil de trois semaines de négociations sur l'opportunité d'engager sans tarder des discussions pour assurer une plus grande flexibilité du budget européen, et discuter d'un régime de ressources propres pour l'avenir.

Qualifiant l'échec de cette conciliation budgétaire de "fiasco", le commissaire européen en charge du budget, Janusz Lewandowski, a confirmé que l'exécutif européen déposerait sous peu, conformément au Traité, une nouvelle proposition de budget 2011.

Déplorant l'opposition entre les deux institutions, il a fait part de son ambition de "reconstruire un esprit de coopération" entre elles.

Au fil de propositions et contre-propositions avancées toute la journée par la présidence belge et la Commission, une majorité d'Etats membres se sont montrés prêts à faire un geste en direction du Parlement.

Mais la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont refusé jusqu'au bout toute extension du débat, souhaitant cantonner les discussions au seul budget 2011.

"Nous voulions un accord, mais l'ensemble du conseil n'y était pas engagé", a déploré le président du Parlement européen, le Polonais Jerzy Buzek, saluant au passage le travail fourni par la présidence belge de l'Union et la Commission.

Les eurodéputés ne désespèrent pas toutefois d'aboutir à un accord de dernière minute à l'occasion du prochain sommet européen des chefs d'Etat et de gouvernement, à la mi-décembre, à Bruxelles.

"Si nous ne pouvons discuter avec les ministres du budget, nous espérons pouvoir poursuivre à présent l'échange et la négociation avec les chefs d'Etat", a ainsi déclaré le président de la commission du budget du Parlement, le Français Alain Lamassoure (UMP).

Un point de vue partagé par Isabelle Durant (Ecolo), vice-présidente du Parlement, et membre de la délégation parlementaire pour la procédure de conciliation.

"Le Conseil européen (les chefs d'Etat, ndlr) doit nous aider. Les Etats membres n'ont rien à gagner d'une absence d'accord car il n'y aura pas un euro pour financer une série de nouveaux projets européens", a plaidé l'ancienne ministre belge.

L'échec d'un accord sur le budget 2011, et son probable gel à son niveau de 2010, signifie en effet qu'une série de nouveaux instruments européens ne disposeront d'aucun budget. Il en va notamment ainsi pour le nouveau service diplomatique européen, et les différentes agences de supervision financière mises sur pied au niveau européen depuis l'été.

"Ne pas être d'accord, c'est facile", a commenté M. Wathelet, un peu amer.

"La difficulté, c'est d'être capable de faire des compromis. Le Parlement et les Etats membres doivent retrouver cet esprit, sinon ce sera au détriment des politiques inscrites au budget 2011", a-t-il conclu.

Trends.be avec Belga

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