L'union bancaire coince au Parlement européen

15/01/14 à 16:02 - Mise à jour à 16:02

Source: Trends-Tendances

La mise en place d'un Mécanisme de Résolution Unique (MRU), dernière étape de l'union bancaire européenne, se heurte à un blocage total au Parlement européen. Presque tous les groupes politiques rejettent l'approche retenue par les ministres des Finances.

L'union bancaire coince au Parlement européen

© Epa

Le MRU est censé décider et mettre en oeuvre à l'avenir le démantèlement de grandes banques en déroute. Cet instrument finalise l'union bancaire, après la création d'une supervision unique sous l'égide de la Banque centrale et l'adoption d'un corpus de règles communes (sur le capital et sur la mise à contribution des créanciers notamment).

Fin décembre, les ministres des Finances des 28 ont trouvé un compromis laborieux. Pour surmonter les réticences de l'Allemagne, ils ont décidé que le MRU ne fonctionnerait qu'en partie sous les règles communautaires de l'Union. Le fonds de résolution, nerf de la guerre, serait quant à lui institué par la voie d'un accord intergouvernemental à négocier. Cette approche donnerait un droit de véto à chaque Etat.

Le Parlement est farouchement opposé à cet accord. Le Mécanisme "ne peut pas fonctionner avec une structure intergouvernementale", a affirmé mercredi son président, Martin Schulz. "Nous avons besoin de changements radicaux", a embrayé le chef du groupe socialiste, Hannes Swoboda. "Nous sommes unis pour refuser ce patchwork intergouvernemental", a renchéri Guy Verhofstdat, le chef du groupe libéral.

La négociation risque de devenir un casse-tête pour la présidence grecque, qui vient de prendre les rênes de l'Union. Elle devra conciler ces revendications et l'intransigeance de Berlin.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Baroso, a exhorté mercredi les co-législateurs à trouver un compromis. Achever l'union bancaire est le "premier devoir" des dirigeants européens avant la fin de la législature, a-t-il déclaré à Strasbourg.

La Commission "aurait préféré un système basé entièrement sur l'approche communautaire", mais dans les circonstances présentes, "nous devons travailler ensemble pour que dimension intergouvernementale soit maintenue au strict minimum", a-t-il ajouté.

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