L'impact du blocage budgétaire reste limité... pour l'instant

02/10/13 à 09:11 - Mise à jour à 09:11

Source: Trends-Tendances

L'économie mondiale n'a pas grand-chose à craindre d'une paralysie temporaire de l'Etat fédéral américain, mais vit sous la menace grandissante d'un défaut de paiement après le 17 octobre en l'absence d'accord politique entre Républicains et Démocrates.

L'impact du blocage budgétaire reste limité... pour l'instant

© EPA

Mardi matin, les marchés financiers asiatiques et européens avaient réagi avec flegme à l'annonce, largement anticipée, de la fermeture provisoire des services de l'Etat américain, survenue à 04H00 GMT. Toute durée "supérieure à 5 jours aura probablement un impact matériel sur la croissance du quatrième trimestre", estiment les analystes de Forex.com, évoquant une hausse du déficit et un impact sur la confiance des acteurs économiques.

Selon les experts d'Alpari, "un shutdown de trois semaines, similaire à celui vécu il y a 17 ans, pourrait retrancher 0,5% au PIB du trimestre". Pour ceux de Moody's Analytics, trois ou quatre semaines d'immobilisme coûteraient 1,4 point de pourcentage sur le PIB réel du quatrième trimestre.

Les tensions actuelles ne sont qu'un amuse-gueule comparé au vrai danger, celui d'une impasse sur le relèvement légal du plafond de la dette, qui, en l'absence d'une accord entre républicains et Démocrates, risque d'avoir des conséquences beaucoup plus larges. Les investisseurs restent surtout focalisés sur les négociations autour du relèvement du plafond de la dette avant le 17 octobre", estiment les analystes d'Aurel BGC. "Si le plafond de la dette n'était pas relevé d'ici la mi-octobre (...) les Etats-Unis pourraient ne pas être en mesure de faire face à toutes leurs obligations", a rappelé mardi l'agence de notation Standard and Poor's, ce qui entraînerait mécaniquement la sanction: une note infamante de "SD" (Selective Default), contre un AA+ actuellement.

Si une entreprise américaine "vit aujourd'hui avec l'idée d'un défaut prochain, ce n'est pas un bon environnement pour prendre des décisions d'investissement". Or "tout le monde attend que la demande interne reparte" pour considérer que l'économie américaine est réellement sur de bons rails.

le shutdown fait l'affaire des pays émergents Mais la fermeture temporaire de l'administration américaine peut aussi faire des heureux parmi les pays émergents, tels que le Brésil, la Russie, la Turquie, etc. Ces derniers sont malmenés par les marchés depuis plusieurs mois à cause de la fin attendue des mesures de soutien à l'économie américaine décidée par la Réserve fédérale, motivée par les signes de reprise économique aux Etats-Unis. Ces mesures non conventionnelles avaient dans un premier temps provoqué un afflux de capitaux sur les marchés émergents. Et la perspective de leur fin a provoqué un reflux qui a entraîné des baisses sensibles de la valeur des devises de ces pays et des turbulences sur leurs marchés boursiers.

"Un shutdown accroît les chances d'un report à l'année prochaine" de la fin des mesures de soutien de la Fed. C'est donc "une bonne nouvelle pour les marchés émergents", relèvent les analystes de Forex en soulignant la hausse de la roupie indienne mardi.

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