L'Europe, entre solidarité affichée et accusations à peine voilées

01/12/10 à 14:58 - Mise à jour à 14:58

Source: Trends-Tendances

Officiellement, "les Européens sont solidaires, déterminés, engagés à défendre leur monnaie et leur zone monétaire", selon les termes de la ministre française de l'Economie. En coulisses, cependant, les tensions sont plus fortes que jamais entre certains Etats. L'Espagne et l'Allemagne, par exemple...

L'Europe, entre solidarité affichée et accusations à peine voilées

© Bloomberg

Les Européens sont "déterminés" à "défendre" l'euro (Lagarde)...

Les Européens sont "déterminés" à "défendre" leur monnaie et la zone euro, et doivent bien expliquer que le futur mécanisme permanent d'aide aux pays en difficulté "ne constitue pas une menace", a déclaré mercredi Christine Lagarde, ministre française de l'Economie.

"Les Européens, je crois qu'on l'a encore démontré dimanche dans la journée et dans la nuit, sont évidemment solidaires, déterminés, engagés à défendre leur monnaie et leur zone monétaire", a-t-elle martelé lors d'une conférence de presse à Paris. La ministre a souligné que l'Union européenne avait trouvé un accord dimanche sur l'aide à l'Irlande et le futur mécanisme permanent de résolution de crise, parfois perçu par les marchés comme la certitude que les investisseurs privés devront à l'avenir participer au sauvetage des pays en crise.

"Il faut que nous expliquions et réexpliquions à l'envi qu'il s'agit tout simplement de se mettre en règle dans la durée avec un mécanisme tout à fait analogue avec un mécanisme de type Fonds monétaire international (FMI), qui ne constitue pas une menace mais un moyen d'organiser les situations de crise", a insisté Christine Lagarde.

Après la crise grecque, les pays européens avaient mis en place un fonds de sauvetage européen de 750 milliards d'euros, destiné à venir en aide aux pays les plus fragiles, comme l'Irlande, qui en bénéficiera. En vigueur jusqu'en 2013, ce mécanisme est provisoire et doit être remplacé par un dispositif permanent.

... Mais Madrid accuse Merkel d'accroître les turbulences sur les marchés obligataires

Elena Salgado, ministre espagnole de l'Economie, a accusé en termes voilés Angela Merkel d'accroître les turbulences des marchés, en référence à des déclarations de la chancelière allemande, alors que les taux espagnols sont au plus haut, selon la presse espagnole.

"Il serait très facile de mettre en relation les dates où la volatilité s'accroît sur les marchés avec certaines déclarations publiques effectuées au niveau européen", a déclaré Elena Salgado dans un discours mardi à Gérone.

La ministre espagnole a appelé "à plus de coordination dans la zone euro" et à "éviter les déclarations intempestives". Selon les journaux espagnols, il s'agit là d'une "claire allusion" aux déclarations faites par la chancelière allemande, le 24 novembre devant les députés allemands, pour l'instauration d'un mécanisme anticrise permanent qui implique les investisseurs privés.

"Ceux qui gagnent de l'argent avec les taux élevés, avec les obligations souveraines, doivent supporter aussi les risques", avait déclaré Angela Merkel, appelant les partenaires européens à avoir "le courage" de faire porter le chapeau des difficultés financières d'un Etat aussi à ses créanciers privés.

Les taux des obligations émises par le Trésor espagnol se sont tendus ces derniers jours, atteignant mardi leur plus haut niveau historique par rapport aux taux de référence allemands à 10 ans, ce qui alourdit le coût des nouvelles émissions de dette pour l'Etat espagnol. Jeudi, le Trésor espagnol prévoit de vendre des bons à trois ans, espérant récolter de 1,75 milliard à 2,75 milliards d'euros.

Trends.be, avec Belga

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