L'Espagne plonge malgré l'"abîme" qui la sépare de l'Irlande

24/11/10 à 12:11 - Mise à jour à 12:11

Source: Trends-Tendances

L'Espagne a beau énumérer ses différences avec le cas irlandais, les experts se méfient de sa situation financière. Les investisseurs aussi, qui ont fait passer ses taux d'emprunts à dix ans au-dessus de la barre des 5 %, pour la première fois depuis 2002.

L'Espagne plonge malgré l'"abîme" qui la sépare de l'Irlande

© Bloomberg

José Manuel Campa, secrétaire d'Etat espagnol à l'Economie, a estimé mercredi, dans un entretien au journal El País, qu'"un abîme" séparait les situations économiques espagnole et irlandaise, tentant d'apaiser les inquiétudes des marchés de ces derniers jours.

"Sans aucun doute, un abîme nous sépare de l'Irlande", a-t-il déclaré, rappelant que l'Espagne est "un pays avec un bas niveau de dette publique, qui est dans un processus de consolidation fiscale qu'elle est en train de réaliser et qu'elle terminera, qui vient d'approuver une réforme du marché du travail et des caisses d'épargne et qui lancera une réforme des retraites et de la négociation collective".

"Je ne crois pas que les marchés aient des doutes sur le fait que ce que nous sommes en train de faire est suffisant, a-t-il ajouté. Ce qui se passe est qu'il y a une grande volatilité à court terme, liée à des situations exceptionnelles, avec la première intervention du fonds de sauvetage européen pour l'Irlande."

Le gouvernement socialiste espagnol a multiplié ces derniers jours les déclarations assurant que l'Espagne ne serait pas victime d'un effet de contagion face à l'Irlande, après avoir souffert du plan de sauvetage de la Grèce au printemps.

Les experts pointent toutefois les faiblesses de son économie, avec une croissance nulle, un taux de chômage de 20 % (le plus fort de la zone euro) et des réformes (du marché du travail, des caisses d'épargne, etc.) jugées encore insuffisantes pour atteindre son objectif de réduction du déficit.

Tensions sur le marché de la dette en Europe : l'Espagne au-dessus des 5 %

Les taux des emprunts d'Etat des pays fragiles de la zone euro étaient en nette hausse mercredi, avec l'Espagne pour la première fois au-dessus de la barre des 5 % depuis 2002, signe de la défiance persistante des marchés à leur égard et des inquiétudes sur les risques de contagion de la crise irlandaise dans la zone euro.

Les rendements de l'Irlande s'approchaient mercredi en milieu de matinée des 8,5 %, soit un écart de taux de 600 points de base avec le rendement de référence de la zone euro, le Bund allemand. Pour emprunter sur les marchés internationaux, l'Irlande doit donc payer des taux d'intérêt supérieur de 6 points de pourcentage à ceux auxquels a accès l'Allemagne. Une situation difficilement tenable sur le long terme.

Le Portugal, également sur la sellette en raison de son déficit public abyssal et qui peine à faire passer sa cure d'austérité, voyait ses taux se tendre, à 6,909 %, soit une progression de 18 points de base par rapport à mardi soir.

Enfin, la Grèce, dont les réformes mises en place ne semblent pas suffisantes pour redresser ses comptes publics, enregistrait une nette tension sur ses taux à dix ans. Ils s'approchaient de leur niveau record de 12 %, à 11,8 % soit une progression de 12 points de base par rapport à mardi soir.

Trends.be, avec Belga

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