L'anti-BCE de Sarkozy ? "Soyons réalistes, c'est impossible !"

18/03/10 à 17:06 - Mise à jour à 17:06

Source: Trends-Tendances

Le président de la Commission européenne a jugé irréaliste, jeudi, l'idée de pouvoir parvenir à créer un gouvernement économique de l'UE, idée défendue avec ardeur par le président français. Même les Allemands s'avèrent réticents, qui soupçonnent depuis longtemps la France de vouloir faire de l'ombre à la Banque centrale européenne et rogner sur son indépendance.

L'anti-BCE de Sarkozy ? "Soyons réalistes, c'est impossible !"

© Bloomberg

"Il y a une prise de conscience grandissante, dans l'UE, de la nécessité d'une coordination, a déclaré José Manuel Barroso devant les participants d'un colloque organisé par un groupe de réflexion à Bruxelles, le Centre for European Policy Studies (CEPS). Je ne parlerai pas de gouvernement économique, parce que, soyons francs, nous n'aurons pas de gouvernement économique dans l'UE. Alors, soyons réalistes. Ce que nous pouvons faire, c'est améliorer la gouvernance. Cela, c'est possible !"

Le président de la Commission européenne prend ainsi nettement ses distances avec le Nicolas Sarkozy, à une semaine d'un sommet européen consacré à la relance économique - et précisément à l'amélioration de la gouvernance économique du bloc des 27 pays. Le chef de l'Etat français avait pourtant assuré, le 11 février à Bruxelles, lors d'un précédent sommet, que l'idée d'un gouvernement économique avait été acceptée à l'unanimité par les dirigeants de l'UE. Elle avait également été évoquée par Herman Van Rompuy, président du Conseil.

"Ce qui s'est passé est très important, parce que je n'ai pas entendu un seul pays contester la nécessité du gouvernement économique de l'Europe que nous avons proposé avec la chancelière allemande, avait déclaré Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse commune avec Angela Merkel. Tout le monde est bien d'accord. C'est l'une des leçons de la crise, il y a besoin d'un gouvernement économique de l'Europe. Ce gouvernement économique, c'est le Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement à 27, c'est une réalité."

Les Allemands, en particulier, continuent toutefois d'être réticents à parler de "gouvernement" et préfèrent discuter d'une meilleure gouvernance économique. Ils soupçonnent depuis longtemps la France de vouloir, par le biais d'un véritable gouvernement économique, faire de l'ombre à la Banque centrale européenne et rogner sur son indépendance.

Trends.be, avec Belga

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