L'Allemagne, plus que jamais le moteur économique européen

13/09/10 à 17:06 - Mise à jour à 17:06

Source: Trends-Tendances

Avec une croissance attendue de 3,4 % cette année, elle devance de loin les autres pays repris dans les prévisions intérimaires de la Commission européenne. Elle n'est égalée qu'hors de la zone euro, en Pologne.

L'Allemagne, plus que jamais le moteur économique européen

© Reuters

La Commission européenne a nettement relevé sa prévision de croissance économique pour la zone euro en 2010, confirmant le rôle de locomotive joué plus que jamais par l'Allemagne. Elle mise désormais sur une hausse du PIB de 1,7 %, alors qu'elle ne prévoyait en mai dernier qu'une croissance de 0,9 %.

"La croissance du PIB a été particulièrement forte au cours du deuxième trimestre, et davantage alimentée par la demande intérieure qu'on ne le prévoyait", note la Commission, qui s'attend toutefois à un ralentissement de l'activité au second semestre.

L'Allemagne tire la croissance européenne vers le haut

Selon l'exécutif de l'UE, l'économie européenne a bénéficié d'un "rééquilibrage vers la demande intérieure". Autrement dit, la croissance a davantage été tirée par la consommation des Européens eux-mêmes que par les marchés mondiaux.

Les exportations ont néanmoins continué de jouer un rôle important, notamment dans le cas de l'Allemagne, qui conforte son statut de championne économique de l'Europe. Avec une croissance attendue de 3,4 % cette année, elle devance de loin les autres pays repris dans les prévisions intérimaires : Pays-Bas (1,9 %), Royaume-Uni (1,7 %) et France (1,6 %). L'Espagne devrait, pour sa part, enregistrer une croissance négative de - 0,3 %. Hors zone euro, la Pologne égale la performance allemande, à 3,4 %.

Le succès allemand s'explique par les réformes "Hartz", qui ont flexibilisé le marché du travail, mais aussi par la situation plus favorable dans le secteur immobilier. Contrairement à plusieurs autres pays, au premier rang desquels l'Irlande et l'Espagne, l'Allemagne n'a pas souffert de correction dans l'immobilier ni des pertes d'emplois qui en ont découlé.

Les risques qui pèsent sur la relance économique européenne

Malgré la relative bonne tenue de l'économie européenne, plusieurs facteurs de risques devraient tempérer les analyses trop optimistes. La Commission pointe notamment le ralentissement de la demande extérieure, en particulier des Etats-Unis, et les tensions persistant dans le secteur financier, qui réduisent les prêts aux entreprises.

La mise en oeuvre de plans de rigueur par les gouvernements européens pourrait aussi peser sur la croissance dans les mois et années à venir. Olli Rehn, commissaire aux Affaires économiques, s'est aussi inquiété d'une "croissance à deux vitesses" en Europe, avec une série de pays affectés par un sérieux déficit de compétitivité.

Ces analyses proviennent des prévisions économiques intérimaires, publiées deux fois par an, qui ne visent que les sept plus grandes économies européennes. Les prochaines prévisions économiques complètes seront publiées fin novembre.

Trends.be, avec Belga

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