"L'Allemagne n'est pas une espèce d'île paradisiaque !"

03/02/11 à 12:57 - Mise à jour à 12:57

Source: Trends-Tendances

Pour le patron de Deutsche Bank, la première banque du pays, l'Allemagne ne peut jouer cavalier seul, malgré une croissance économiques des plus solides. Josef Ackermann plaide dès lors pour une intensification de l'intégration européenne.

"L'Allemagne n'est pas une espèce d'île paradisiaque !"

© Bloomberg

Josef Ackermann, président de Deutsche Bank a plaidé jeudi pour une intensification de l'intégration européenne, estimant que ce serait une "dangereuse illusion" de penser que l'Allemagne pourrait "se découpler" des problèmes actuels en Europe.

"C'est le bon moment pour intensifier l'intégration dans l'Union européenne, et surtout dans l'Union économique et monétaire, a ainsi estimé le patron de la première banque allemande lors d'une conférence de presse à Francfort. C'est le seul moyen de sauvegarder la puissance politique, économique et culturelle et l'indépendance de notre continent dans un nouvel ordre mondial."

C'est aussi dans l'intérêt de l'Allemagne, "l'un des pays qui ont le plus profité d'une Europe unie et d'un euro stable", a insisté le Suisse, qui a été régulièrement consulté par la chancelière Angela Merkel durant la crise financière. A ses yeux, l'Allemagne ne peut "se découpler" des problèmes actuels en Europe et "prospérer comme une espèce d'île paradisiaque".

Grâce notamment à la vigueur de ses exportations, l'Allemagne a enregistré une croissance de son produit intérieur brut de 3,6 % en 2010 ; le gouvernement fédéral prévoit une croissance de 2,3 % cette année. Berlin rechigne cependant à accepter de renforcer le Fonds de secours financier en faveur des pays de l'Union monétaire connaissant de graves difficultés budgétaires, exigeant des contreparties, comme le renforcement de la discipline budgétaire et l'amélioration de la coordination économique.

Deutsche Bank maintient ses objectifs de bénéfice pour 2011

Deutsche Bank maintient ses ambitieux objectifs de bénéfice pour 2011 et veut dégager un bénéfice avant impôts de 10 milliards d'euros, a déclaré Josef Ackermann lors de la même conférence de presse, entourant la présentation des résultats du n° 1 bancaire allemand.

Selon lui, le groupe bancaire est sur la voie d'atteindre cet objectif ambitieux malgré "les risques et incertitudes liés aux circonstances économiques". Les analystes se montrent plus sceptiques et voient plutôt Deutsche Bank atteindre ce niveau en 2012.

La première banque allemande a dégagé en 2010 un bénéfice net de 2,3 milliards d'euros, contre 5 milliards d'euros l'année auparavant. Au quatrième trimestre de 2010, le bénéfice net de Deutsche Bank était de 601 millions d'euros, en baisse de 54 % sur un an.

Trends.be, avec Belga

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