L'accord entre Athènes et ses créanciers repose sur la seule "volonté politique"

08/05/15 à 18:08 - Mise à jour à 18:12

Source: Belga

La conclusion d'un accord sur les réformes que la Grèce doit adopter pour bénéficier de la poursuite du versement des prêts au pays, dépend de "la volonté politique" de l'Europe, a affirmé vendredi le Premier ministre Alexis Tsipras.

L'accord entre Athènes et ses créanciers repose sur la seule "volonté politique"

Alexis Tsipras © Reuters

Entretemps, le ministre des Finances Yanis Varoufakis, qui a terminé vendredi à Madrid une mini-tournée européenne par une rencontre avec le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos, s'est dit "plein d'espoir que nous puissions bientôt être en mesure d'annoncer le processus qui conduira à la fin de la crise".

"Seule la volonté politique peut conduire à la conclusion d'un accord (entre Athènes et ses créanciers, UE et FMI); il n'y a pas de question technique (à résoudre)", a déclaré Alexis Tsipras devant le Parlement lors d'une séance de questions des députés.

"C'est la même volonté politique qui avait fait entrer la Grèce en 1980 dans l'Union européenne malgré l'avis contraire à l'époque de la Commission, et celle qui avait permis au pays de rejoindre l'euro en 2000 alors qu'il ne remplissait pas les conditions adéquates", a rappelé le Premier ministre.

Les longues tractations entre les créanciers et Athènes achoppent sur la résistance du nouveau gouvernement de gauche radicale à adopter de nouvelles mesures de rigueur, surtout de nouvelles coupes dans les retraites et les salaires. Toutefois, le gouvernement s'est dit ces derniers jours prêt "à faire un compromis" pour faciliter la conclusion d'un accord.

Alors que Madrid est partisan d'une ligne dure face à la Grèce, Yanis Varoufakis a assuré que la rencontre avec Luis de Guindos s'était déroulée vendredi "dans une harmonie parfaite" et qu'ils avaient parlé "un langage commun que je l'ai fait à Rome, à Paris et à Bruxelles avec mes collègues".

Le ministre espagnol n'a fait aucune déclaration à la presse à l'issue de cette réunion d'environ deux heures.

Jeudi soir, Yanis Varoufakis a indiqué qu'un premier accord avec les créanciers pourrait comprendre "les privatisations, la limitation du nombre de pré-retraites, de nouvelles règles sur la TVA et la création d'une Autorité indépendante pour la collecte d'impôts, comme ils le souhaitent".

Selon des fuites dans la presse, les nouvelles mesures que le gouvernement pourrait adopter concernent la hausse de la TVA dans certains produits de luxe, l'unification des caisses de retraites, et la poursuite au moins pour un an d'une taxe controversée sur l'immobilier, adoptée par le précédent gouvernement de coalition droite-socialiste.

"Nous avons fait ces derniers jours tout ce qu'on pouvait pour arriver à la conclusion d'un accord honnête et utile avec les créanciers", a dit Alexis Tsipras au Parlement.

"La question maintenant pour l'Europe n'est pas si elle va tolérer un gouvernement de gauche mais si elle tolère la démocratie", a insisté Alexis Tsipras.

Des progrès dans les négociations ont été évoqués ces derniers jours par de hauts responsables de la zone euro.

Mercredi, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, et le ministre français des Finances, Michel Sapin, ont évoqué "des discussions positives" avec la Grèce.

Il est peu probable que les ministres des Finances de la zone euro actent un accord lundi lors de la réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles, indiquait-on de source diplomatique européenne vendredi. Le ton était cependant légèrement plus optimiste qu'auparavant, car "les négociations sont toujours en cours", précisait cette source.

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