Juncker rencontre Tsipras pour résoudre "le cas grec"

03/06/15 à 13:51 - Mise à jour à 15:48

Source: Belga

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a confirmé mercredi sa rencontre en fin de journée avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras pour tenter de trouver un accord permettant le déblocage d'une tranche de prêts vitale à la survie financière de la Grèce.

Juncker rencontre Tsipras pour résoudre "le cas grec"

© AFP

"J'ai encore quelques problèmes à résoudre en relation avec ce qu'il est convenu d'appeler le cas grec, ce qui entraînera pour moi l'obligation de procéder à diverses réunions aujourd'hui, y compris une réunion avec le Premier ministre grec", a annoncé M. Juncker lors des Journées européennes du développement à Bruxelles. La visite de M. Tsipras à Bruxelles avait été annoncée dans la nuit de mardi à mercredi par une source gouvernementale grecque.

Outre MM. Tsipras et Juncker, le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, sera également présent, ainsi que des représentants de la BCE et du FMI, les institutions créancières d'Athènes, selon une source européenne.

Cette rencontre pourrait donner lieu à un nouveau bras de fer entre Athènes et ses créanciers, qui ont chacun mis au point un programme de réformes pour permettre le déblocage de l'aide financière pour le pays, en suspens depuis des mois.

Aucun détail n'a été révélé officiellement sur la liste de réformes, de 46 pages, que va soumettre Athènes à ses créanciers. Selon la presse grecque, le texte prévoit l'unification graduelle des caisses de retraite, la suppression des retraites anticipées et l'accélération du processus de privatisations.

Il prévoit également un excédent primaire budgétaire (hors service de la dette) de 0,8% en 2015 et 1,5% en 2016. Il prévoit trois taux de TVA: 6% (au lieu de 6,5% actuellement) pour les médicaments, les livres et les denrées, 11% (contre 13% actuellement) pour les services liés au tourisme, l'électricité et le logement, et 23% pour tout autre service ou produit.

Le gouvernement grec compte engranger des recettes de 900 millions d'euros en 2015 après ces changements de la TVA.

La proposition des créanciers sera la base des discussions

Une proposition de réformes faite au gouvernement grec par les trois institutions avec lesquelles Athènes négocie servira de "base" aux discussions, et pas une liste présentée par la Grèce, a déclaré mercredi le ministère allemand des Finances.

"J'ai la nette impression que la liste (préparée par la Grèce) ne sera pas la dernière solution au problème", a dit à Berlin Martin Jäger, porte-parole du ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

La Commission européenne, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE) se sont entendus lundi pour présenter leurs propres propositions et celles-ci, attendues d'un jour à l'autre, constitueront "la base des discussions qui comptera à nos yeux", a-t-il dit au cours d'une conférence de presse régulière du gouvernement.

La liste grecque "est arrivée par surprise", a commenté M. Jäger, "après que nous avons attendu pendant des mois des propositions détaillées".

Précisant ne pas en avoir pris connaissance, il a jugé que, sur la base des informations qui ont filtré notamment dans la presse grecque, ce document "ne répondait pas entièrement aux exigences", rejoignant en cela une source proche des négociations qui s'était confiée à l'AFP.

Les propositions grecques, qui selon la presse hellène portent notamment sur une réforme de la fiscalité et remettent au programme des privatisations partielles, "doivent être prises en compte dans la discussion", a-t-il concédé.

Le gouvernement grec aux abois négocie depuis fin février avec les trois institutions pour obtenir, en échange d'engagements à faire des réformes, le déblocage de plusieurs milliards d'euros d'aides financières. Les discussions ont piétiné pendant des mois, et malgré de récents progrès achoppent toujours notamment sur des réformes du marché du travail et des retraites en Grèce.

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