Juncker fragilisé par un scandale, élections anticipées possibles

05/07/13 à 19:19 - Mise à jour à 19:19

Source: Trends-Tendances

Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, fragilisé par un scandale éclaboussant le service de renseignement, et le Parti socialiste, son allié au gouvernement, n'a pas exclu vendredi des élections anticipées.

Juncker fragilisé par un scandale, élections anticipées possibles

© REUTERS

Le chrétien-social Jean-Claude Juncker, 58 ans, est depuis plus de 30 ans au gouvernement sans discontinuer, dont 18 en tant que Premier ministre. Il a cumulé pendant plusieurs années les fonctions de ministre des Finances, et assuré pendant huit ans (2005-2013) la présidence de l'Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances de la zone euro.

Une commission d'enquête parlementaire a été créée en décembre 2012 après la révélation d'une écoute faite par l'ancien chef du service de renseignement (SREL) lors d'un entretien avec le Premier ministre dans le bureau de ce dernier. Le SREL, placé sous l'autorité du Premier ministre, est aussi mis en cause pour des irrégularités et des malversations commises dans les années 2004-2009. "La commission d'enquête parvient à la conclusion que M. le Premier ministre, en tant que supérieur hiérarchique du service de renseignement, n'avait pas seulement aucune emprise sur son service, mais il a de plus trop souvent omis d'informer la commission de contrôle parlementaire, voire le parquet sur les irrégularités, aberrations et illégalités des opérations entreprises par le service", affirme le rapport.

"La responsabilité politique du Premier ministre est incontestable", ajoute le rapport, qui a été adopté vendredi par la commission avec les voix des deux principales formations de l'opposition, les libéraux et les Verts, mais aussi celles des socialistes, pourtant membres de la majorité. Le rapport sera débattu mercredi par la Chambre des députés en séance plénière. M. Juncker a obtenu deux heures de temps de parole pour s'expliquer et se défendre avant que le rapport ne soit mis au vote.

Sans demander ouvertement sa démission, le président du Parti socialiste, Lucien Lux, n'a pas exclu vendredi l'organisation d'élections anticipées, alors que les législatives sont prévues normalement en mai 2014. "Nous ne pouvons pas, et nous ne voulons pas, exclure de nouvelles élections", a-t-il déclaré, ajoutant que son parti serait "prêt à prendre sa responsabilité dans les prochains jours". La presse locale évoque de plus en plus la perspective d'élections anticipées, qui pourraient avoir lieu le 20 octobre.

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