Irlande : le risque de contagion est réel

26/11/10 à 11:39 - Mise à jour à 11:39

Source: Trends-Tendances

L'UE n'a pas hésité à voler au secours de Dublin. Car les banques des autres pays européens sont sérieusement exposées à la menace de faillite des banques irlandaises.

Irlande : le risque de contagion est réel

© Reuters

Après la Grèce voici quelques mois, c'est au tour de l'Irlande de demander le soutien de ses partenaires européens et du Fonds monétaire international pour tenter de sortir de l'ornière. Car ces deux Etats les plus éloignés géographiquement ont une caractéristique commune : des déficits publics abyssaux après une crise bancaire sans précédent.

Le plan d'aide pour le vieux Tigre celtique approcherait 100 milliards d'euros sur quatre ans. Objectif : revenir au seuil d'un déficit public représentant 3 % du PIB en 2014 (32 % aujourd'hui). Mais pourquoi l'Europe s'est-elle décidée si rapidement à sauver son enfant terrible ? Tout simplement parce que le risque de contagion est bien réel.

Les banques des autres pays européens sont sérieusement exposées à la menace de faillite des banques irlandaises (celles-ci doivent 139 milliards d'euros aux banques allemandes et 149 milliards aux banques anglaises), mais aussi au risque obligataire. Ce danger qui pèse sur l'Irlande aura des répercussions sur les pays fragiles de la zone euro.

D'ailleurs, la Grèce revient sur le devant de la scène. L'étau se resserre. Les conditions du renflouement du pays étaient claires : le pays devait à la fois augmenter ses rentrées fiscales et réduire ses dépenses publiques. Des objectifs qui n'ont pas été atteints. Ce qui veut dire qu'elle devra peut-être se résoudre à restructurer sa dette, avec le risque que certains créanciers ne soient pas entièrement remboursés.

L'endettement privé en Espagne inquiète

Quant à l'Espagne, même si elle ne manque pas d'arguments pour souligner sa différence avec le Tigre celtique, les marchés spéculent déjà. La dette publique de la péninsule ibérique reste, certes, confinée à 53,2 % du PIB, soit 12 points de moins qu'en Irlande et même 25 de moins qu'en France. Et malgré un taux de chômage bloqué à 20 % depuis près d'un an, les banques espagnoles font preuve de solidité.

Pourtant, des similitudes entre les deux pays existent. Davantage que la dette publique, c'est le niveau de la dette privée, alimentée par l'éclatement de la bulle immobilière, qui préoccupe : en 2009, l'endettement des ménages représentait 84 % du PIB espagnol, et celle des entreprises 137 %. Car l'Espagne est le pays qui a subi la plus forte dégringolade du marché immobilier... juste après l'Irlande.

Depuis 2007, le prix du mètre carré s'est effondré de 37 % en Espagne, contre 8,3 % en moyenne dans l'UE. Surtout, les deux pays n'arrivent plus à créer de la croissance faute de moteur puissant, sachant que l'équation "croissance et contrôle des finances publiques" reste un casse-tête pour le gouvernement Zapatero.

En bref, les ennuis de l'Europe sont loin d'être terminés. Les finances publiques peinent à être assainies et les dissensions au sein de la zone euro s'aggravent à chaque nouvelle crise.

Danièle Licata, L'Expansion.com

En savoir plus sur:

Nos partenaires