Impôt sur la fortune : pour ou contre ?

17/10/11 à 11:26 - Mise à jour à 11:26

Source: Trends-Tendances

Le MR est sans surprise opposé à l'instauration d'un impôt sur la fortune. L'humaniste Melchior Wathelet, secrétaire d'Etat au Budget, y voit, lui, une "fausse bonne idée" : "Comme il n'y a pas de cadastre des fortunes, cet impôt se limitera aux personnes qui ont du terrain."

Impôt sur la fortune : pour ou contre ?

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L'impôt sur la fortune ? "Cela ne fonctionne pas !" (Reynders)

Les partis francophones engagés dans les négociations en vue de la formation d'un nouveau gouvernement fédéral ont avancé dimanche, sur les plateaux de télévision, plusieurs pistes afin de réaliser le retour progressif à l'équilibre des finances publiques, évoquant notamment des économies de fonctionnement de l'Etat et des Régions, la lutte contre la spéculation, l'imposition d'une taxe sur les plus-values ou sur les grandes fortunes.

"Nous attendons du formateur une note chiffrée", avec une trajectoire année par année jusqu'à la fin de la législature, a ainsi expliqué Didier Reynders, vice-Premier ministre et ministre démissionnaire des Finances, lors de l'émission Controverse de la RTBF, alors que le volet de la réforme de l'Etat est désormais bouclée. Il s'est déclaré favorable à une réduction des dépenses du fédéral et des entités fédérées ainsi qu'à une réforme des retraites, sans s'opposer au principe de nouvelles taxes "sur ce qui est contraire à l'environnement", citant l'exemple de l'essence et du diesel routier.

L'ex-président des libéraux francophones s'est en revanche opposé à l'instauration d'un impôt sur les grandes fortunes, assénant que "cela ne fonctionne pas".

L'impôt sur la fortune ? "Une fausse bonne idée !" (Wathelet)

Pour Melchior Wathelet, secrétaire d'Etat (cdH) au Budget, un impôt sur la fortune est une "fausse bonne idée" : "Comme il n'y a pas de cadastre des fortunes, cet impôt se limitera aux personnes qui ont du terrain, du foncier, affirme-t-il lundi dans La Libre Belgique. Pour les autres, cet impôt sera surtout un incitant à sortir, à partir ou à utiliser la mobilité de leurs revenus mobiliers. Les pays qui ont essayé d'instaurer cela se sont tous plantés."

Pour faire contribuer les gens très fortunés, il propose plutôt une harmonisation des précomptes mobiliers à 20 % sur tout ce qui est dividende et intérêts. Il faudrait aussi taxer les plus-values mais pas dans la proportion proposée par le formateur Elio Di Rupo car si le taux est trop élevé, les capitaux partiront, souligne encore Melchior Wathelet.

Le secrétaire d'Etat ajoute que certains avantages en nature "frisent l'indécence". Et de citer le cas de l'habitation privée payée par l'entreprise. Cet avantage n'a plus été indexé depuis 1993. "La fiscalité doit être moins importante sur le travail mais doit viser ce qui est nuisible pour nos société : la spéculation, la fraude sociale et fiscale et les comportements problématiques d'un point de vue environnemental. Il faut donc taxer les fraudeurs et les pollueurs plutôt que les travailleurs."

En ce qui concerne les voitures de société, il plaide pour des mesures incitatives pour aller vers un parc automobile plus vert.

L'impôt sur la fortune ? "Ce type de mesure n'a pas démontré son efficacité !" (Michel)

Après l'accord sur le volet communautaire celui que les partis recherchent sur le volet socioéconomique ne sera "sûrement pas plus facile" à obtenir, a affirmé samedi Charles Michel, président du MR, dans les colonnes du Soir. Le président du patri libéral a précisé qu'il proposerait de rendre 500 euros par contribuable qui travaille, en augmentant la part de salaire exonérée d'impôt, et de supprimer les cotisations patronales sur les trois premiers emplois créés dans les très petites entreprises. Il s'est dit favorable à une réduction des allocutions de chômage dans le temps.

Charles Michel se dit en revanche opposé à un impôt sur la fortune, non parce que c'est un tabou idéologique, mais parce que ce type de mesure n'a pas démontré son efficacité là où elle a été appliquée. A ses yeux, il faut par ailleurs une réflexion au sujet de la fiscalité sur les flux financiers. On peut taxer les voitures de société si c'est pour favoriser le recours au véhicules propres, pas si c'est pour taxer le travail de manière déguisée.

Trends.be, avec Belga

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