Impôt sur la fortune : le match PS vs Open VLD

27/01/12 à 09:06 - Mise à jour à 09:06

Source: Trends-Tendances

Le patron du PS persiste et signe : des économies supplémentaires impliqueront de taxer les revenus du capital. Impôt sur la fortune : le "serpent de mer" fiscal énerve les libéraux flamands qui y voient "des impôts inefficaces évacués de la table voici plusieurs mois". Ambiance...

Impôt sur la fortune : le match PS vs Open VLD

© Image Globe

Le contrôle budgétaire ne pourra se faire sans concertation sociale, fait valoir le PS

Thierry Giet, président faisant fonction du Parti socialiste, a souligné jeudi que "les mesures qui découleront du conclave budgétaire (prévu fin février) devront se prendre en concertation avec les partenaires sociaux".

Les syndicats sont remontés contre les mesures prises par le nouveau gouvernement Di Rupo dans le cadre budgétaire et les réformes socioéconomiques. Ils n'ont été associés dans le cadre d'une concertation qu'après que les mesures les plus importantes, relatives notamment au relèvement du taux d'activité, eurent été votées.

"La concertation sociale a été mise à mal par la rapidité des décisions prises fin 2011, une rapidité dictée par l'urgence", a justifié jeudi soir Thierry Giet lors de la présentation des voeux du PS à la presse. Cependant, "il est crucial de relancer la concertation sociale. C'est un pilier de notre modèle de société. Il faut la préserver à tout prix."

Impôt sur la fortune : le patron du PS persiste et signe

Le président du PS a répété lors de son discours à Bruxelles que, si un effort supplémentaire devait être fait lors du contrôle budgétaire, "il faudra parler prioritairement de la contribution des revenus du capital".

Assurant le Premier ministre Elio Di Rupo de son soutien, Thierry Giet a indiqué que "le PS pèsera de tout son poids pour faire pencher son gouvernement de centre-centre vers la gauche". Il a redit que le PS avait fait le choix de la "responsabilité" en participant à un gouvernement après avoir gagné les élections en Wallonie et à Bruxelles.

Il a assuré que la présence du Parti socialiste permet d'éviter "les horreurs", telles que la limitation des allocations de chômage dans le temps, le relèvement de l'âge légal de la pension ainsi que la suppression brutale de toutes les prépensions. La présence du PS c'est aussi la consolidation des acquis, a-t-il dit, évoquant l'indexation et la préservation de la Sécurité sociale.

Le PS a vécu ces derniers jours quelques soubresauts après des sorties médiatiques à caractère régionaliste du ministre wallon Jean-Claude Marcourt. La discussion n'est certes pas close mais les instances du parti ont décidé de mettre fin au ramdam : "Il ne faut pas se tromper de débat. Il est question de construire, ensemble, l'avenir des Wallons et des Bruxellois au sein d'un Etat fédéral stabilisé et rénové. Ce débat, nous devons le tenir avec les partenaires sociaux et l'ensemble des partis francophones."

Contrôle budgétaire : "Il y a encore de la marge pour des économies" (De Croo)

Alexander De Croo, président des libéraux flamands, juge qu'il existe encore de la "marge" pour mener des économies, contredisant ainsi Thierry Giet, selon qui il ne sera plus possible d'agir sur les dépenses de l'Etat lors du prochain contrôle budgétaire.

Interrogé jeudi soir sur le plateau de Ter Zake (VRT), le président de l'Open VLD a rejeté l'idée de son homologue socialiste d'agir sur le volet des recettes du budget, notamment via une taxe sur le patrimoine ou un impôt sur la plus-value des actions : "Ce sont des impôts inefficaces que nous avons déjà évacués de la table voici plusieurs mois. Imposer maintenant des impôts supplémentaires, ce serait pousser l'économie dans la direction d'une récession avec des effets contraires à ceux que nous recherchons."

Alors que Thierry Giet a affiché sa volonté de préserver l'indexation, Alexander De Croo a estimé au contraire qu'un saut d'index était "une des mesures possibles".

Budget : il est encore possible de réduire les dépenses (Vanackere)

Steven Vanackere, ministre (CD&V) des Finances, a jugé vendredi qu'il était possible d'encore réduire les dépenses de l'Etat lors du contrôle budgétaire annoncé pour le mois prochain, s'opposant lui aussi au président du PS qui préfère la recherche de recettes nouvelles.

"Il doit être possible de faire des choses du point de vue des dépenses" de l'Etat fédéral, a-t-il affirmé lors de l'émission de radio Bel RTL Matin. Steven Vanackere dit avoir "une idée" sur l'ampleur de l'effort à réaliser pour compenser, dans le budget 2012, la diminution de la croissance causée par la crise économique, qui pourrait être proche de 0 %, et viser un déficit budgétaire limité à 2,8 % du produit intérieur brut.

Le grand argentier fédéral a semblé admettre la fourchette parfois citée : entre 1,5 milliard et 2 milliards d'euros à trouver lors du contrôle budgétaire des 25 et 26 février. Il estime toutefois, tout comme Alexander De Croo, qu'il doit encore être possible de réduire les dépenses, prenant ainsi le contre-pied du président faisant fonction du PS.

Trends.be, avec Belga

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