Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

16/07/18 à 11:35 - Mise à jour à 11:59

Hors des terrains, la présence de la Chine à la Coupe du monde n'est pas passée inaperçue

La Coupe du monde de football est une distraction planétaire et pourtant la moitié de l'humanité ne joue pas au football. La Chine, les Etats-Unis et l'Inde sont en effet les grands absents de cette messe sportive planétaire. Amid Faljaoui, notre chroniqueur éco, nous dit que ce n'est que partie remise et que la mondialisation du foot se fait autrement.

Hors des terrains, la présence de la Chine à la Coupe du monde n'est pas passée inaperçue

© AFP

La France a gagné la Coupe du monde et les Belges sont partis la tête haute de cette manifestation sportive avec une 3ème place largement méritée.

Au final, la dernière partie de cette coupe du monde s'est jouée entre 4 équipes européennes. Mais ce qui étonnant aujourd'hui, surtout à l'heure de la mondialisation, c'est qu'une moitié de l'humanité ne joue pas ou très peu au football et n'était pas présente à la phase finale de cette Coupe du monde. Je parle de la Chine, de l'Inde et des Etats-Unis. Ça, c'est pour le constat

D'autres pourraient se dire, qu'après tout, c'est normal, le foot, c'est une affaire européenne. D'abord, parce que le foot est né au Moyen-Age dans nos contrées et qu'il a connu son heure de gloire grâce aux Britanniques qui l'ont développé à la fin du XIXème siècle.

Tout cela est vrai, mais de là dire que le foot est resté juste une affaire européenne serait aussi exagéré.

L'Amérique du Sud s'y est mise aussi depuis quelques dizaines d'années, et des pays comme l'Argentine ou le Brésil se retrouvent souvent en finale de Coupe du monde.

L'Afrique est aussi généralement bien représentée durant cette manifestation sportive. Même s'il faut reconnaitre qu'elle perd non pas ses cerveaux mais ses meilleures jambes, sous forme d'émigration économique en direction de l'Europe, ce qui comme le rappelle L'Express prive les équipes nationales africaines de leurs meilleurs talents !

Et quant à l'Asie, elle n'est pas absente non plus avec le Japon ou la Corée du sud qui se sont comportés plus qu'honorablement durant cette coupe du monde.

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La Chine a été très présente durant cette Coupe du monde: non pas sur mais bien en dehors du terrain.

Et donc, le vrai absent au cours de cette Coupe du monde, c'est la Chine. Avec la mondialisation, nous retrouvons ses produits partout dans le monde, mais pour l'événement le plus regardé au monde, aucune équipe chinoise.

En réalité, L'Express a raison de préciser que la Chine a été très présente, non pas sur le terrain mais tout autour de ce terrain. La Chine était en effet très visible sur les pelouses des stades russes au travers des panneaux publicitaires.

Bien entendu, il y a les publicités des traditionnels McDonalds, Visa ou Coca-Cola, mais cette année, on pouvait voir aussi les panneaux publicitaires du chinois Wanda, un géant de l'immobilier, de Hisense, un fabricant de télévision ou de Vivo, une marque chinoise de téléphones.

D'ailleurs, les slogans publicitaires n'étaient pas rédigés en anglais mais en chinois et les téléspectateurs du monde entier ont pu s'en rendre compte.

Quand je disais au début de cette chronique que la moitié de l'humanité ne jouait pas au football, je visais notamment les Etats-Unis et la Chine. Mais c'est aussi en partie faux.

Pour être précis, ce n'est que partie remise. L'Express en donne la raison : le dimanche 8 juillet dernier, la nouvelle est passée presque inaperçue, mais l'un des plus grands clubs européens, l'AC Milan, est passé sous pavillon d'un fonds d'investissement américain parce que son propriétaire chinois, qui l'avait racheté l'an dernier à Sylvio Berlusconi, ne pouvait plus payer son emprunt.

Et comme le faisait remarquer Jacques Attali dans l'Express, l'ironie, c'est de voir aujourd'hui deux pays qui jouent peu au football se battre pour acheter un club de foot européen valorisé à 500 millions d'euros. Comme quoi la mondialisation vient parfois par des chemins qu'on ne soupçonne pas.

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