Hollande cible les exilés fiscaux en Belgique

16/03/12 à 07:55 - Mise à jour à 07:55

Source: Trends-Tendances

Sur les 200.000 Français présents en Belgique, entre 2.000 et 5.000 seraient des "exilés fiscaux". Une manne fiscale que le candidat socialiste à la présidentielle ne veut pas laisser échapper. Il lorgne aussi la Suisse et le Luxembourg.

Hollande cible les exilés fiscaux en Belgique

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François Hollande a annoncé jeudi son intention de taxer, s'il est élu président, les exilés fiscaux français en Suisse, Belgique et au Luxembourg en renégociant les conventions bilatérales entre la France et ces pays européens.

Le candidat socialiste à la présidentielle française a expliqué que la différence entre sa proposition et celle du président sortant Nicolas Sarkozy était que le président-candidat visait "uniquement" les "revenus du capital" : "Il ne veut pas faire payer l'impôt sur la fortune aux expatriés en Suisse ou en Belgique", a-t-il affirmé, laissant entendre que ce serait le cas s'il était lui-même élu.

Un "impôt lié à la nationalité" pour Sarkozy, un impôt sur l'ensemble du "patrimoine délocalisé" pour Hollande

Nicolas Sarkozy a proposé lundi la création d'"un impôt lié à la nationalité" afin de cibler les exilés fiscaux. Il s'agirait d'un impôt appliqué aux revenus du capital des exilés fiscaux, les forçant à s'acquitter auprès du fisc français de la différence entre l'impôt payé à l'étranger et ce qu'ils auraient eu à verser en France. Cela passerait par la renégociation de conventions fiscales, en priorité "où il y a beaucoup d'exilés fiscaux", avait ajouté l'entourage du président-candidat.

Le candidat socialiste a assuré vouloir l'élargir à l'ensemble du "patrimoine qui s'est délocalisé en Suisse ou en Belgique". Selon lui, "renégocier toutes les conventions fiscales" conclues par la France, soit plus d'une centaine, prendrait "dix ans". "Il vaut mieux se concentrer sur trois, la Belgique, la Suisse et le Luxembourg", a-t-il avancé. "Ma proposition, c'est de renégocier les conventions avec ces trois pays."

Jean-Luc Mélenchon, autre candidat de gauche à la présidentielle, souhaite également taxer les exilés fiscaux français.

Ces 5.000 "exilés fiscaux" qui ont quitté la France pour la Belgique

Parmi les quelque 200.000 Français présents en Belgique, entre 2.000 et 5.000 seraient des "exilés fiscaux", selon les estimations. La Belgique présente pour eux l'intérêt de ne pas disposer d'impôt sur la fortune ni de taxes sur les plus-values réalisées sur les revenus du capital. En revanche, les revenus du travail y sont plus lourdement taxés qu'en France.

Des taux d'imposition "confiscatoires" pour les Français les plus aisés ?

François Hollande a également annoncé son intention de "rétablir" le "plafonnement" des impôts directs nationaux à 85 % des revenus. "Je le rétablirai", a affirmé le candidat socialiste au sujet de ce plafonnement introduit en 1988 et supprimé l'an dernier. Il s'agit d'une fiscalité où la somme de tous les impôts directs nationaux (impôt sur le revenu, impôt sur les grandes fortunes, etc.) ne dépasse pas 85 %.

Des fiscalistes, ainsi que la droite, estiment que les augmentations des prélèvements promises par François Hollande pourraient aboutir à des taux d'imposition "confiscatoires" pour les plus aisés.

Trends.be, avec Belga

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