Grèce: "un accord d'ici à fin avril, cela me paraît possible", estime Tusk

31/03/15 à 14:30 - Mise à jour à 14:30

Source: Belga

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a estimé ce mardi à Madrid que la situation économique de la Grèce restait "sous contrôle", tout en considérant qu'aucun accord avec ses créanciers n'interviendrait avant Pâques, mais peut-être avant la fin avril.

Grèce: "un accord d'ici à fin avril, cela me paraît possible", estime Tusk

Donald Tusk © AFP

"Le processus d'évaluation du plan (grec) est très complexe et je ne prévois pas d'avancée avant Pâques", a déclaré Donald Tusk lors d'une conférence de presse avec le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. Athènes est parvenue le 20 février à un accord avec ses créanciers prévoyant la prolongation durant quatre mois du versement de prêts internationaux mais dépendant cependant d'un plan de réformes grec en discussions à Bruxelles.

"Je pense qu'aujourd'hui nous pouvons dire que la situation de la Grèce est sous contrôle", a déclaré M. Tusk en marge d'une tournée le menant à Malte en Espagne et en Tunisie. "J'espère que nous pourrons parvenir à un accord d'ici à fin avril, cela me paraît possible".

Mariano Rajoy a pour sa part souhaité que ces négociations s'achèvent avec succès, et que la Grèce reste dans la zone euro, comme il l'a fait à d'autres occasions. La Grèce "doit comprendre que pour l'Union européenne il est très important que le message transmis soit que les règles du jeu doivent être respectées", a cependant ajouté M. Rajoy, souvent accusé par le gouvernement grec d'être particulièrement dur à son égard.

Le plan grec a été débattu tout le week-end par le groupe dit "de Bruxelles" composé du Fonds monétaire international, de la Banque centrale européenne, de l'Union européenne, du Mécanisme européen de stabilité et de la Grèce elle-même.

Le face-à-face entre Athènes et les créanciers ne peut pas s'éterniser: le gouvernement doit rembourser 820 millions d'euros en créances diverses (principal et intérêts) en avril, dont 460 M EUR au FMI et renouveler 2,4 milliards d'euros de bons du Trésor, tout en faisant tourner l'Etat.

A défaut d'un accord, la Grèce n'obtiendra pas immédiatement les 7,2 milliards d'euros constituant la dernière tranche de prêts européens attendus.

Réformes

Le ministre adjoint grec des Finances, Dimitris Mardas, s'est dit pour sa part optimiste sur un accord avec les créanciers, UE et FMI, "mercredi ou jeudi", concernant les réformes que son pays doit réaliser pour bénéficier des prêts internationaux. "Nous allons vers un accord avec les partenaires demain (mercredi) ou après-demain (jeudi)", a-t-il dit lors d'un entretien diffusé par la télévision Skai.

La Grèce peine à convaincre ses créanciers sur la nouvelle liste des réformes qu'elle leur a proposée et les discussions continuaient mardi pour la quatrième journée consécutive entre les experts grecs d'une part et de l'UE et du FMI d'autre part.

Lundi, aucun signe ne laissait cependant entrevoir la tenue d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) cette semaine. Certaines sources à Bruxelles mettaient la stagnation des négociations sur l'insuffisance des propositions grecques.

Toutefois, Athènes a de nouveau assuré lundi que "le climat des négociations était bon" et que "des progrès ont été signalés".

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a dit lundi soir chercher "un compromis honnête" avec les créanciers. Il a cependant répété qu'il y avait des "lignes rouges" dans les discussions sur les réformes et que le gouvernement n'allait pas accepter "la baisse des salaires et de retraites" et "aucune mesure récessive".

"Notre priorité est le renforcement de l'économie réelle avec des investissements qui vont tonifier la croissance avec la participation du secteur public", a précisé Alexis Tsipras.

Il a estimé qu'il était "crucial que les recettes provenant de l'utilisation de la propriété publique ne soient pas jetées dans un gouffre sans fond pour le remboursement de la dette (...) mais placées là où le pays en a besoin, la sécurité sociale, la croissance (...)".

A court d'argent, Athènes est sous pression pour arriver à un accord avec les créanciers pour pouvoir bénéficier d'une tranche des prêts internationaux et rembourser ses dettes.

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