Grèce: Tsipras prêt à "attendre patiemment", la Bourse d'Athènes dévisse

15/06/15 à 10:52 - Mise à jour à 15:09

Source: Belga

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a affirmé ce lundi que la Grèce était prête à "attendre patiemment" jusqu'à ce que les créanciers du pays se convertissent au "réalisme" dans leurs exigences à l'égard du pays avec lequel ils négocient une liste de réformes en échange d'un financement vital.

Grèce: Tsipras prêt à "attendre patiemment", la Bourse d'Athènes dévisse

Alexis Tsipras © Reuters

Dans une déclaration au journal Ephimerida ton Syndakton, Alexis Tsipras écrit: "Nous attendrons patiemment jusqu'à ce que les institutions se rallient au réalisme", estimant que seul "l'opportunisme politique" les conduit à demander de nouvelles coupes dans les retraites, l'un des points d'achoppement dans les négociations qui ont été interrompues dimanche soir sans résultat.

Dans ces quelques lignes au ton combatif, le Premier ministre affirme que le gouvernement grec a présenté à ses créanciers - UE et FMI - un "projet et des contre-propositions documentées".

En référence aux nombreuses concessions que le gouvernement grec estime avoir faites depuis le début des discussions, et aux critiques que cela suscite au sein de son parti, Alexis Tsipras observe que "certains perçoivent comme une faiblesse notre désir sincère d'une solution et les pas que nous avons faits pour couvrir les différences".

Les discussions entre la Grèce et ses créanciers semblent plus près que jamais du point de rupture, après un nouvel échec dimanche des négociations sur la poursuite du financement du pays.

La Grèce doit rembourser le 30 juin 1,6 milliard d'euros de prêts du FMI, et risque fort de ne pouvoir honorer cette échéance sans le versement de 7,2 milliards d'euros, suspendu depuis l'été dernier et lié à un accord avec les créanciers sur une série de réformes.

La Bourse d'Athènes dévisse

En conséquence, la Bourse d'Athènes chutait de plus de 7% ce matin dans les premiers échanges. L'indice général cédait 7,14% à 719,16 points à 08h10 GMT, après avoir ouvert sur une chute de plus de 6%.

Les banques étaient particulièrement attaquées: Alpha cédait 12,15%, Banque nationale de Grèce 13,43%, Eurobank 13,74% et Banque du Pirée 18,49%.

La Bourse d'Athènes avait déjà cédé 5,92% vendredi, au lendemain toutefois d'une poussée de 8,16%, de fortes variations traduisant la volatilité de l'indice au fur et à mesure que les négociations semblent progresser ou stagner, et que la perspective d'un défaut de paiement du pays à la fin du mois se précise ou s'éloigne.

Un petit accord

Petite éclaircie toutefois, une porte-parole de la Commission européenne a déclaré dans la journée que les autorités grecques seraient d'accord avec leurs créanciers pour réaliser un excédent budgétaire primaire de 1% cette année, un point resté longtemps au coeur de leurs désaccords.

"Les autorités grecques sont désormais d'accord avec cet objectif", a déclaré Annika Breidthardt au cours d'un point de presse, ajoutant que "la question est d'évaluer si les engagements pour y parvenir sont crédibles".

L'objectif de déficit budgétaire primaire définit le montant des économies ou des recettes supplémentaires à réaliser. Après un week-end de négociations qui se sont soldées par un échec dimanche, la Commission avait chiffré à 2 milliards d'euros l'effort supplémentaire nécessaire de la part de la Grèce.

Parmi les pistes évoquées par la Commission, un autre porte-parole, Margaritis Schinas, a cité les dépenses militaires. "Ce n'est pas un secret que les dépenses du budget grec pour la défense sont les deuxièmes (en Europe) après le Royaume-Uni", a-t-il dit.

Annika Breidthardt a également souligné le poids du système grec de retraites. "C'est un des systèmes de retraites les plus coûteux d'Europe et une réforme fait partie des demandes" des créanciers, a-t-elle dit, tout en insistant sur le fait que "les institutions n'ont pas demandé de réduction des pensions au niveau individuel".

Les créanciers demandent à la Grèce un excédent budgétaire primaire, c'est-à-dire sans prendre en compte le service de la dette, de 1% cette année, 2% en 2016 et 3,5% en 2018.

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