Grèce : "spéculative" pour Moody's, "opportunité" pour la Chine

15/06/10 à 08:31 - Mise à jour à 08:31

Source: Trends-Tendances

Standard & Poor's et Fitch avaient déjà abaissé leurs notations sur la Grèce, Moody's vient de fermer le peloton, classant désormais le pays dans la catégorie "spéculative". Pas de quoi décourager la Chine, qui prévoit d'y investir des milliards d'euros... mais bien de quoi faire baisser les Bourses européennes mardi matin.

Grèce : "spéculative" pour Moody's, "opportunité" pour la Chine

© Bloomberg

Moody's a abaissé lundi la note de la Grèce de quatre crans, de "A3" à "Ba1", la reléguant à son tour dans la catégorie spéculative, ce qui reflète un risque de non-remboursement de sa dette publique. La note Ba1 reflète "les risques liés au plan de sauvetage mis en place par les pays de la zone euro et le Fonds monétaire international", a expliqué l'agence de notation dans un communiqué.

Moody's avait prévenu en mai qu'elle pourrait reléguer la note de la Grèce en catégorie spéculative. La Grèce a déjà subi des baisses de notation par les deux autres agences, puisqu'elle est notée BB+ par Standard & Poor's, qui la range également dans la catégorie des investissements spéculatifs, et BBB- par Fitch Ratings.

La Chine envisage des investissements importants en Grèce

Cela n'empêche pas la Chine de prévoir des investissements à hauteur de milliards d'euros dans les secteurs aéroportuaire, de la construction navale et de la logistique, dans une Grèce massivement endettée et soumise à une cure d'austérité, a rapporté mardi le Financial Times. Les accords doivent être signés aujourd'hui mardi à l'occasion de la visite à Athènes de Zhang Dejiang, vice-Premier ministre chinois, selon le quotidien.

"C'est lié au maritime, aux télécoms et à un projet de rénovation à Athènes d'une tour historique dans le port du Pirée", a précisé la source du FT, un responsable grec resté anonyme. D'autres accords, notamment dans le secteur de la construction navale pour 500 millions d'euros, seront signés.

Confrontée à une grave crise financière, la Grèce veut attirer des capitaux étrangers, de la Chine aux pays arabes en passant par la Turquie, espérant relancer son économie et apaiser le choc des mesures de rigueur. En mai, le gouvernement grec a signé des accords avec l'UE et le FMI, prévoyant un prêt de 110 milliards d'euros sur trois ans, en échange du redressement économique visant à réduire le déficit public de près de 14 % du PIB en 2009 à moins de 3 % en 2014.

Le groupe chinois Cosco est déjà établi au Pirée, disposant de deux quais au centre de conteneurs (Sempo) du port, à la suite d'un contrat de concession de 3,4 milliards d'euros, pour 35 ans, conclu en novembre 2008.

Les Bourses européennes dans le rouge après la dégradation de la note grecque

Les Bourses européennes étaient légèrement en recul mardi matin après la dégradation de la note grecque par Moody's. A Bruxelles, par exemple, le Bel 20 baissait vers 10 h 20 de 0,36 %. Les valeurs financières Ageas et Dexia (- 2,44 % et - 1,8 %) ont enregistré les baisses les plus significatives.

Les autres places européennes, contrairement aux Bourses asiatiques, n'ont pu offrir de résistance à la baisse de la note grecque. Ainsi, à Londres, le FTSE 100 reculait de 0,3 % et, à Paris, le Cac 40 baissait de 0,17 %. Plus tôt dans la journée, le Nikkei de Tokyo a terminé en légère hausse (+ 0,08 %) après avoir ouvert en baisse.

Juncker critique l'abaissement "irrationnel" de la note de la Grèce

Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe, a critiqué mardi l'abaissement "irrationnel" de la note de la Grèce par Moody's : "Je ne comprends pas pourquoi cette nouvelle dégradation est intervenue. Je suis totalement convaincu que les marchés financiers verront dans quelques mois qu'ils ont eu tort. Ils interprètent de façon erronée les décisions qui ont été prises."

Le Premier ministre luxembourgeois a notamment souligné que la Grèce s'était pliée à de "strictes" conditions d'assainissement de ses finances publiques pour recevoir l'aide des autres pays de la zone euro et du Fonds monétaire international.

"Ces abaissements de note ne sont pas, dans chaque cas, compréhensibles et rationnels, a-t-il affirmé à quelques journalistes après un séminaire sur l'Europe à Oslo. Personnellement, je pense que les marchés financiers agissent parfois de façon irrationnelle."

Trends.be, avec Belga

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