Grèce : "Pas d'euro, pas d'aides de l'Europe dans l'immédiat !"

15/06/12 à 11:33 - Mise à jour à 11:33

Source: Trends-Tendances

"Si les Grecs lâchent l'euro, ils ne pourront plus espérer d'aide immédiatement", prévient Didier Reynders à deux jours d'élections cruciales pour la zone euro. Pas question, pour autant, d'assouplir les conditions de l'aide à la Grèce, prolonge la Bundesbank.

Grèce : "Pas d'euro, pas d'aides de l'Europe dans l'immédiat !"

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Reynders : "Si les Grecs lâchent l'euro, ils ne pourront plus espérer d'aide immédiatement"

Si le gouvernement grec qui sortira des élections ce dimanche devait décider de sortir de la zone euro, Athènes ne pourrait pas immédiatement revenir frapper à la porte de l'Europe pour résoudre ses problèmes, a averti vendredi Didier Reynders, notre ministre des Affaires étrangères, en marge d'une visite en Chine. "Nous nous focaliserons alors sur la gestion de la situation au sein de la zone euro", a-t-il justifié.

Le chef de la diplomatie belge a toutefois dit espérer que la majorité qui sortira des urnes sera prête à mener les réformes nécessaires pour maintenir la Grèce dans la zone euro, "éventuellement en recevant un peu plus de temps de la part de l'Union européenne et du Fonds monétaire international". A ses yeux, il faut dire clairement que la résolution des problèmes de la Grèce prendra "dix, quinze, voire vingt ans".

Devant un parterre de diplomates et d'hommes d'affaires chinois et européens, l'ancien grand argentier belge a plaidé pour davantage d'harmonisation fiscale en Europe, une discipline budgétaire plus stricte ainsi que des réformes structurelles "potentiellement douloureuses" dirigées par l'Europe. "En résumé, un transfert plus poussé de souveraineté au profit de l'Union." Cette intégration se ferait au mieux avec l'ensemble des Etats membres, mais se réalisera peut-être avec les seuls Etats partageant la monnaie unique et quelques autres qui le souhaiteraient aussi, a-t-il relevé.

"Nous devons nous rendre compte que, pour la Chine, il n'est pas évident de nous avoir aidés", a-t-il relevé, remerciant au passage Pékin pour sa contribution au soutien à l'Europe via le FMI. "Il y a beaucoup de pauvres en Chine, à qui (les dirigeants chinois) doivent expliquer la nécessité d'aider de riches pays en Europe".

Pas question d'assouplir les conditions d'aide à la Grèce, prévient la Bundesbank

Il n'est toutefois pas question d'assouplir les conditions de l'aide à la Grèce, ce qui serait une "stratégie dangereuse", a affirmé Jens Weidmann, président de la BundesBank, n'écartant pas une sortie de ce pays de la zone euro.

"La Grèce a eu plus d'aide que les autres pays : assouplir ce programme déjà allégé ne peut pas être une option, a-t-il déclaré au journal El País, à deux jours d'élections cruciales dans ce pays. Je pense que ce serait une stratégie dangereuse. Cela affecterait les pays qui appliquent des réformes très sagement."

Jens Weidmann a affirmé que "sa préférence" était que la Grèce reste dans la zone euro, se refusant à "spéculer" sur le sujet. Toutefois, "ne pas remplir les accords mène à la fin du financement. Et cela pourrait avoir des répercussions sur leurs chances de rester dans l'euro." Si la Grèce décidait de sortir, "les répercussions d'une telle décision seraient certainement pires pour la Grèce que pour n'importe qui d'autre".

La perspective d'une large victoire de la gauche radicale aux élections de dimanche, ouvrant la voie à ce scénario, a suscité la nervosité des marchés tout au long de la semaine et ravivé les prévisions les plus alarmistes.

Trends.be, avec Belga

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