Grèce : les 3 conséquences d'une sortie annoncée

02/11/11 à 14:58 - Mise à jour à 14:58

Source: Trends-Tendances

Un retour à leur ancienne monnaie nationale, la drachme, ne serait pas pour les Grecs la fin du parcours du combattant. Bien au contraire. Voici les 3 conséquences, aussi lourdes qu'inévitables, d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

Grèce : les 3 conséquences d'une sortie annoncée

© Bloomberg

L'hypothèse d'une sortie de la Grèce de l'euro revient au grand galop suite à l'annonce d'un référendum sur le plan de sauvetage international, avec un impact très rude à attendre pour le pays lui-même et un risque de détricotage de l'Union monétaire.

Sur le papier, les traités européens ne prévoient pas un tel scénario mais rien ne semble pouvoir l'empêcher si un pays en fait la demande. Et le tabou est désormais ouvertement brisé.

Le Premier ministre grec Georges Papandréou "a le droit de faire un référendum, mais avant Noël et uniquement pour poser la question de l'appartenance à la zone euro", s'est agacée une source proche du gouvernement français, "et s'ils disent non, eh bien, qu'ils en sortent !"

Voici les trois conséquences prévisibles du retour de la Grèce à la drachme nationale.

Conséquence n° 1 : un pouvoir d'achat des ménages en chute libre

Un retour à leur ancienne monnaie nationale, la drachme, ne serait pas pour les Grecs la fin du parcours du combattant. Bien au contraire. La dévaluation de leur monnaie vis-à-vis de l'euro serait désastreuse pour l'économie du pays car la dette contractée en euros par l'Etat, les entreprises et les ménages grecs devrait être remboursée dans une monnaie dévalorisée.

Avec, à la clé, une chute du pouvoir d'achat, une nouvelle récession ou d'une nouvelle envolée des taux sur le marché de la dette. En outre, l'inflation s'envolerait puisque le prix des produits importés comme l'énergie serait renchéri, avec des conséquences lourdes pour les ménages, déjà fragilisés par quatre années de disette économique.

Pour Pascal Lamy, directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, une sortie de la Grèce de la zone euro et l'abandon de la monnaie unique serait "plus douloureuse" pour les Grecs que les plans d'austérité successifs imposés au pays : "En tant qu'expert, je n'ai aucun doute là-dessus."

Conséquence n° 2 : des banques incapables de rembourser et nationalisées

Autre dommage collatéral, les banques grecques déjà mises à mal par la crise enregistreraient des pertes gigantesques si le pays sortait de la zone euro, et devraient sans doute être nationalisées. Elles seraient en effet incapables de rembourser les montants de dette grecque qu'elles possèdent.

Ce scénario catastrophe n'est pas sans rappeler la faillite de l'Argentine, qui a mis dix ans avant de relever la tête, a rappelé mercredi Jean Leonetti, ministre français des Affaires européennes. A la nuance près que le pays avait alors les capacités d'exporter, contrairement à Athènes, a-t-il pointé.

Conséquence n° 3 : une zone euro en voie d'extinction

Une sortie de la Grèce de la zone euro risque également d'affecter l'ensemble de la zone euro, en ouvrant les vannes et en précipitant potentiellement le départ d'autres pays budgétairement fragiles. Ce serait alors le début du démantèlement de l'Union monétaire, un peu plus de dix ans après sa création en 1999.

L'agence de notation Fitch estime qu'un "non" des Grecs menacerait la "viabilité" de la zone euro, déjà mise en péril par la crise de la dette, qui dure depuis plus de deux ans. En conséquence, l'agence de notation juge "essentiel" qu'il y ait de rapides progrès pour rendre opérationnel la puissance de feu renforcée du Fonds européen de secours pour les pays en difficultés, le FESF, un instrument majeur dans la gestion de la crise de la dette.

Le renforcement du FESF avait été approuvé lors du dernier sommet de la zone euro voici moins d'une semaine, pour empêcher une contagion de la crise de la dette à l'Italie et à l'Espagne, deux pays dans le viseur des marchés.

Face à ce scénario catastrophe, plusieurs sources gouvernementales plaident pour lever les doutes le plus rapidement possible, avec un référendum en Grèce qui se tienne avant les fêtes de Noël. Car dans l'attente de ce vote, les bailleurs de fonds de la Grèce (Europe et Fonds monétaire international) risquent de suspendre le versement immédiat des prochains prêts promis au pays, d'un montant de 8 milliards d'euros. Faute de ce chèque, la cessation de paiement attend Athènes.

Trends.be, avec Belga

Grèce : un rejet du plan européen aurait des conséquences "imprévisibles" (Barroso)

Un rejet par les Grecs du plan européen de sauvetage de leur pays aurait des conséquences "imprévisibles", a prévenu mercredi José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, à son arrivée à Cannes pour une réunion de crise. Il a lancé un "appel urgent et vibrant en faveur de l'unité nationale et politique en Grèce", selon un communiqué publié par la Commission.

"Au sein de l'Union européenne, nous devons nous mettre d'accord sur des mesures approfondies pour aider la Grèce, a ajouté José Manuel Barroso. Mais pour que ces mesures soient mises en vigueur, il est critiquement important que le pays soit stable. Sans l'accord de la Grèce au programme (d'austérité négocié avec l'UE et le FMI), les conditions (de vie) des citoyens grecs deviendraient beaucoup plus pénibles, en particulier pour les plus vulnérables. Les conséquences seraient impossibles à prévoir."

Le président de la Commission a appelé le gouvernement grec et les dirigeants politiques à "montrer qu'ils sont prêts à travailler pour l'unité politique nationale et afin d'obtenir le soutien plus large requis pour mettre en oeuvre le programme (UE-FMI). C'est ce genre de soutien que la Commission réclame depuis le début de la crise. Ce soutien était important hier, il est crucial aujourd'hui."

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