Grèce : le "manque de solidarité" slovaque fait hurler les Européens

12/08/10 à 13:59 - Mise à jour à 13:59

Source: Trends-Tendances

Bratislava, qui refuse de payer pour la "politique budgétaire indisciplinée d'Athènes", ne participera pas au plan d'aide à la Grèce. Cette décision fait hurler ses partenaires européens. La Commission dénonce un "manque de solidarité" mais souligne que cela ne bloque en rien le dossier.

Grèce : le "manque de solidarité" slovaque fait hurler les Européens

© Reuters

Le Parlement slovaque a refusé mercredi, à une large majorité, d'entériner la contribution de la Slovaquie à l'enveloppe européenne d'aide à la Grèce. Seuls deux députés ont voté en faveur de la participation financière du pays, tandis que 69 s'y sont opposés et 13 se sont abstenus. Quelque 62 élus du parti social-démocrate n'ont pas participé au vote, laissant le champ libre au camp anti-grec.

C'est le précédent gouvernement du social-démocrate Robert Fico qui avait approuvé la participation au plan de sauvetage de la Grèce en mai dernier. Mais il avait reporté la décision finale au lendemain des élections législatives. Or, le scrutin a porté au pouvoir une coalition de centre-droit, emmenée par Iveta Radicova. Durant la campagne, celle-ci avait milité contre l'aide à la Grèce, argumentant que ce pays était plus riche que la Slovaquie : Bratislava "n'a pas à payer pour la politique budgétaire indisciplinée d'Athènes", avait-t-elle répété.

Olli Rehn : "Je ne peux que regretter ce manque de solidarité au sein de la zone euro !"

La Slovaquie est le seul pays de la zone euro qui ne participera pas au montage financier d'aide à la Grèce. La décision a provoqué la colère des Européens.

"Je prends acte du vote du Parlement slovaque contre la participation de la Slovaquie dans l'accord de prêt conditionnel pour la Grèce, a indiqué Olli Rehn, commissaire européenne aux Affaires économiques. Il s'agit d'une violation de l'engagement pris par la Slovaquie auprès de l'Eurogroupe de fournir de façon temporaire et conditionnelle une aide financière à la Grèce. Je ne peux que regretter ce manque de solidarité au sein de la zone euro et m'attends à ce que les ministres des Finances de la zone euro et les ministres des Finances de l'UE reviennent sur cette question lors de leur prochaine réunion" début septembre à Bruxelles.

Olli Rehn a cependant estimé que la décision du Parlement slovaque ne mettait "pas en danger" le plan d'aide à la Grèce. La part de la Slovaquie dans le prêt de 110 milliards d'euros sur trois ans en faveur de la Grèce devait s'élever à quelque 800 millions d'euros. Membre de l'UE depuis 2004, la Slovaquie a rejoint la zone euro en 2009, année où ce pays a connu sous l'effet de la crise mondiale une chute de 4,7 % de son PIB, la première contraction de son activité économique. Son déficit public a augmenté l'année dernière à 7,3 % du PIB.

Grèce : recul continu du PIB et chômage en constante progression

Le produit intérieur brut de la Grèce a baissé de 1,5 % au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent, le recul étant de 3,5 % par rapport à la même période de 2009, et le taux de chômage a encore augmenté, indique jeudi par l'ESA, l'autorité de la statistique grecque.

Une chute des investissements et la réduction "significative" des dépenses publiques a pénalisé la croissance, selon l'ESA. Ces chiffres font craindre que l'économie grecque ne s'enfonce encore plus alors que le gouvernement tente de faire face à une dette publique abyssale via un plan d'austérité drastique.

Au premier trimestre, le PIB grec avait reculé de 1 % par rapport aux trois derniers mois de 2009, et de 2,5 % sur un an. L'économie grecque devrait subir un recul du PIB de 4 % cette année, selon les prévisions de l'Union européenne et du Fonds monétaire international.

Le taux de chômage en Grèce a atteint 12 % en mai, contre 8,5 % un an auparavant et 11,9 % en avril, selon l'ESA. Le nombre de chômeurs atteignait 602.185 en mai, contre 596.979 en avril. Les catégories les plus touchées demeurent les jeunes de 15 à 24 ans, dont plus d'un sur trois (32,5 %) sont sans emploi, contre 25 % un an avant, et les femmes avec un taux de 14,8 %, contre 11,5 % en mai 2009. Les hommes affichent un taux de chômage de 9,9 %.

Trends.be, avec Belga

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