Grèce: le gouvernement ne jette pas l'éponge

16/06/15 à 06:49 - Mise à jour à 16:52

Source: Belga

A quelques jours d'un possible défaut de paiement de la Grèce, le Premier ministre Alexis Tsipras cherchait mardi l'appui des leaders des partis d'opposition, leur confiant selon l'un d'eux qu'il était encore prêt à faire "deux ou trois gestes" vers l'UE et le FMI.

Grèce: le gouvernement ne jette pas l'éponge

/ © Reuters

M. Tsipras a reçu successivement mardi matin Stavros Theodorakis, leader du petit parti de centre-gauche To Potami, Fofi Gennimata, la nouvelle présidente du Pasok (socialiste) et Dora Bakoyannis, numéro deux du principal parti d'opposition, la Nouvelle Démocratie (droite) que préside l'ex-Premier ministre Antonis Samaras.

Les deux femmes, issues de la précédente coalition droite-socialiste au pouvoir, ont surtout appelé le gouvernement à tout faire pour éviter une rupture des négociations pouvant aboutir à une sortie de l'euro.

M. Theodorakis, pour sa part, a relancé l'espoir d'une reprise des discussions en assurant qu'Alexis Tsipras lui avait confié être prêt à faire "deux ou trois gestes" vis-à-vis des créanciers dans la difficile négociation que mène le pays actuellement.

Après la frayeur causée par l'échec des rencontres du week-end entre Athènes et ses créanciers, les choses semblaient ainsi recommencer à bouger des deux côtés. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est ainsi entretenu au téléphone lundi avec MM. Theodorakis et Samaras.

Parallèlement, tout en laissant la balle dans le camp d'Athènes, deux dirigeants européens ont témoigné mardi que la porte n'était pas fermée. "On continue à chercher un accord", a déclaré à Vilnius le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombrovskis. Le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos, a déclaré à Santander que son gouvernement avait "bon espoir" d'un tel accord. "Nous devons tous faire un effort", a-t-il avancé.

Les Grecs se disent prêts à revenir "à tout instant" à la table des négociations, alors que se profile jeudi à Bruxelles une réunion de ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) qui pourrait être celui de la dernière chance pour donner à Athènes les 7,2 milliards d'euros de prêts qu'ils attendent depuis août dernier. Selon un spécialiste de ces questions interrogé par l'AFP, Athènes n'a plus les moyens de payer ce mois-ci à la fois les salaires et les retraites - paiements considérés comme primordiaux par le gouvernement de gauche radicale (Syriza) d'Alexis Tsipras - et le quelque 1,5 milliard d'euros qu'il doit au FMI le 30.

Or l'Eurogroupe, remarque dans le quotidien allemand 'Bild' le ministre des Finances, Yanis Varoufakis, "n'est pas l'endroit où l'on peut présenter des positions ou des propositions qui n'ont pas été auparavant discutées et négociées à un niveau inférieur".

Il faut donc agir avant jeudi, à moins de compter sur le sommet européen de fin juin, ou sur un sommet exceptionnel, à l'étude à Bruxelles, peut-être pour dimanche.

Les Grecs sont déçus par le manque de réponses à leurs dernières propositions, et le font savoir, quitte à lever un peu le voile sur le secret des discussions.

Mardi, M. Tsipras a relevé les divergences entre "le FMI qui demande des mesures difficiles et une restructuration de la dette, et les autres (la partie européenne, ndlr) qui demandent des mesures difficiles sans restructuration".

Dans un communiqué sous son nom, et en anglais, le généralement discret responsable des négociations politiques Euclide Tsakalotos, a lui aussi manifesté son dépit sur l'échec du week-end.

Dénonçant la défiance des créanciers sur le résultat des mesures "administratives" (lutte contre l'évasion fiscale, par exemple) proposées par la Grèce pour boucler son budget, il les soupçonne de préférer les mesures "récessives" comme les coupes de salaires ou de retraites, "à un programme solide pour contrer l'évasion fiscale, le pouvoir des élites et l'échec de l'administration grecque".

Et Euclide Tsakalotos conclut : "Il est temps aussi de décider si l'Europe peut inclure un gouvernement et un peuple qui ont établi des priorités sociales et économiques un peu différentes de ce qu'elles sont en général".

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