Grèce: "En novembre, on peut s'attendre à une nouvelle crise"

15/07/15 à 13:38 - Mise à jour à 16/07/15 à 12:28

Source: Trends-Tendances

Herman Matthijs, professeur en Finances publiques à l'Université de Gand et à la VUB, accorde peu de confiance à l'accord européen au sujet de la Grèce. "En novembre, la crise sera à nouveau sur la table", dit-il. "En fait, un Grexit aurait déjà dû avoir lieu il y a cinq ans".

Grèce: "En novembre, on peut s'attendre à une nouvelle crise"

© Belga

A minuit ce mercredi, le délai viendra à échéance pour le parlement grec concernant l'approbation des mesures d'économies et des réformes. Ces mesures sont une condition imposée par les créanciers lors des négociations au sujet d'un nouveau programme d'aide. Cela concerne, entre autres, une réforme du système TVA et des modifications dans le secteur des pensions.

Un nouveau plan de sauvetage serait le troisième en cinq ans pour les Grecs. La troisième fois sera-t-elle la bonne? Si les Grecs suivent les mesures imposées, selon les dirigeants européens, la lumière sera au bout du tunnel.

Pessimisme

Herman Matthijs, professeur en Finances publiques à l'Université de Gand et à la VUB, est, pour sa part, pessimiste quant à l'avenir. Il prédit que, déjà en novembre de cette année, une nouvelle crise Euro-Grècque sera sur la table. "Enormément de mesures doivent être adoptées par la Grèce pour mettre les affaires budgétaires et économico-sociales en ordre", explique-t-il dans l'émission De Ochtend sur Radio 1. De plus, les premier et deuxième plans ont démontré que, dans le passé, on promet beaucoup, mais on réalise peu. Cela aura-t-il réellement lieu maintenant?

"Ensuite, il y a le problème que les banques en Grèce resteront encore fermées pendant des semaines et qu'elles doivent être recapitalisées. A un moment donné, elles devront tout de même à nouveau ouvrir leurs portes, ce qui entraînera un rush vers les banques de la part des citoyens et des entreprises grecs. Ce problème bancaire continue donc à peser énormément lui aussi en Grèce."

Herman Matthijs rappelle que la Grèce a attendu beaucoup trop longtemps pour assainir les dépenses publique en toute sécurité. "Mais on doit également avouer que l'Europe aurait dû agir il y a des années déjà. Cela n'a pas eu lieu, donc l'Europe est également coupable."

Aucun pays mis à l'écart de l'euro

Un Grexit est-il alors vraiment exclu, comme les dirigeants européens se font forts de le dire? M. Matthijs: "Une décision politique a maintenant été prise qu'il n'y aurait aucun pays mis à l'écart de l'euro. De plus, la Grèce a une valeur géopolitique. L'Europe est prête à payer pour ces deux points."

"La question est bien sûr: si nous sommes à nouveau confrontés à un problème grec dans les prochains mois, l'Europe pourra-t-elle alors encore se permettre de retenir le pays dans la zone euro par toutes sortes de moyens? Au plus les problèmes durent, au plus difficile cela devient d'obtenir - ou de mettre - la Grèce hors de la zone euro. En fait, on aurait dû réaliser le Grexit il y a cinq ans", conclut-il.

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