Grèce : des discussions "constructives" relancent l'espoir d'un accord

22/05/15 à 19:26 - Mise à jour à 19:26

Source: Belga

La situation de la Grèce à court terme semblait s'éclaircir vendredi après la rencontre Merkel-Hollande-Tsipras à Riga, et un accord prochain semble désormais probable, même si les créanciers feront le forcing jusqu'au bout pour obtenir des concessions d'Athènes.

Grèce : des discussions "constructives" relancent l'espoir d'un accord

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Depuis son arrivée au pouvoir en janvier, le Premier ministre grec de gauche radicale, Alexis Tsipras insiste sur la nécessité d'une solution "politique" au problème grec. "Seule la volonté politique peut conduire à la conclusion d'un accord", avait-il lancé début mai devant le Parlement : "c'est la volonté politique qui avait fait entrer la Grèce en 1980 dans l'Union européenne malgré l'avis contraire à l'époque de la Commission, et celle qui avait permis au pays de rejoindre l'euro en 2000 alors qu'il ne remplissait pas les conditions adéquates", avait-il ajouté.

En substance : ce qui compte, c'est moins les équations périlleuses débattues entre Athènes et ses créanciers, UE, BCE et FMI, que de savoir si oui ou non, on veut que la Grèce reste dans l'euro. La réunion jeudi soir, en marge du sommet européen de Riga, entre M. Tsipras, le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel s'est inscrite dans cette perspective. Les trois dirigeants ont été à l'unisson pour évoquer une réunion "amicale et constructive". M. Hollande a noté "la volonté d'aboutir à un accord sur le programme en cours", et Mme Merkel a souligné que "la France et l'Allemagne ont offert leur aide à la Grèce et au Premier ministre grec s'il y a des questions à discuter".

Une aide franco-allemande de poids, d'autant que les deux dirigeants avaient par le passé semblé ouverts à quelques concessions, en reconnaissant qu'on ne peut totalement passer outre l'avis du peuple grec, qui a élu en janvier le gouvernement Syriza.

Certes, M. Hollande et Mme Merkel ont aussi rappelé que les Grecs devaient poursuivre leur travail avec les créanciers, Mme Merkel insistant sur le fait que "beaucoup reste à faire" et "qu'il faut travailler très, très intensivement". Un point sur lequel a également insisté le Premier ministre belge Charles Michel lors d'un entretien informel avec son homologue grec. "Il est important que la Grèce respecte ses engagements et qu'elle fasse sa part du travail", lui a-t-il rappelé.

Mais pour Jésus Castillo, de Natixis, cette fermeté n'a rien d'alarmant : "chacun essaie d'obtenir le maximum, et l'UE veut tirer un maximum d'engagements à la Grèce" avant un accord. "Mais à la fin, assure l'économiste, il n'y aura pas d'autre choix que de signer un accord, même partiel".

La Grèce s'entend très bien aussi avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. M. Tsipras a eu avec lui vendredi à Riga une discussion "très constructive" et dans une "très bonne ambiance", a assuré la partie grecque, publiant à l'appui une photo de M. Juncker serrant M. Tsipras dans ses bras d'une manière particulièrement chaleureuse.

Un accord est urgent car la Grèce n'a presque plus d'argent : elle survit depuis août 2014 en attendant que les créanciers lui versent une tranche de prêts de 7,2 milliards d'euros. Depuis mars, le gouvernement prévient qu'il ne pourra peut-être bientôt plus payer ses remboursements aux créanciers, et qu'en tout cas, à choisir, il privilégierait de payer les retraites et les salaires de la fonction publique.

Une source proche de ces dossiers a indiqué vendredi qu'il devrait y avoir encore suffisamment d'argent pour payer salaires et retraites à la fin du mois, une échéance de 300 millions d'euros au FMI le 5 juin, les salaires qui doivent être payés le 10 juin, ainsi que des intérêts aux créanciers, à hauteur de 400 millions d'euros en mai et encore 500 millions en juin. Cette source est plus évasive sur le reste de juin, où il faudra payer encore 1,2 milliard d'euros au FMI, notamment.

Pour sa part, le porte-parole du gouvernement Gabriel Sakellaridis a appelé vendredi à un accord "fin mai, pour résoudre des questions de liquidités cruciales". Tout en ajoutant que "le gouvernement espère honorer toutes ses obligations" en juin, "avec une priorité pour les obligations domestiques".

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