Grèce : chronique d'une catastrophe annoncée ?

18/05/11 à 11:57 - Mise à jour à 11:57

Source: Trends-Tendances

Restructurer la dette grecque "est une recette pour une catastrophe", estime un membre éminent de la BCE, qui admet cependant que son opinion n'était pas partagée par "tous les acteurs du marché"...

Grèce : chronique d'une catastrophe annoncée ?

© Bloomberg

Dette grecque : la restructuration, "recette pour une catastrophe" (BCE)

Une restructuration de la dette grecque serait une "recette pour une catastrophe", a estimé mercredi Jürgen Stark, membre du conseil d'administration de la Banque centrale européenne, lors d'une conférence organisée à Lagonissi, près d'Athènes, par le magazine The Economist.

"C'est une illusion de croire qu'une restructuration, dévaluation ou autre aiderait à résoudre les problèmes" de la Grèce, a affirmé le banquier, alors que l'option d'un rééchelonnement gagnait en vigueur en Europe, n'étant notamment plus exclue depuis lundi par le chef de la zone euro, Jean-Claude Juncker.

"La Grèce n'a pas d'autre moyen que de poursuivre la consolidation budgétaire. Une restructuration est une recette pour une catastrophe, qui ficherait en l'air toutes les banques grecques !"

Jürgen Stark a toutefois reconnu que son opinion n'était pas partagée par "tous les acteurs du marché". "Cette histoire de restructuration part de Londres et New York. Probablement les gens ont-ils le nez dans leurs livres."

La Grèce doit "accélérer ses réformes structurelles" (FMI)

La Grèce doit "accélérer ses réformes structurelles", en particulier pour réduire le secteur public, a déclaré mercredi Poul Thomsen, chef de la mission du FMI en Grèce, citant entre autres une réforme de la santé, et de la grille des salaires de la fonction publique. A ses yeux, dans le cas contraire, le programme de redressement financier du pays risque de "dérailler".

"Nous sommes dans une situation où, si l'on ne procède pas à une telle accélération, nous ne serons pas en mesure d'aller beaucoup plus bas qu'un déficit à 10 % du PIB", alors que le gouvernement grec table pour 2011 sur un recul du déficit à 7,4 % du PIB, a-t-il dit.

Poul Thomsen a prévenu que, sans effort supplémentaire, le plan de redressement de l'économie grecque, dicté au pays par UE et FMI en échange de son sauvetage financier, "risque de dérailler" : "Les ajustements qui ont eu lieu l'an dernier en Grèce sont sans précédent, très impressionnants, mais il y a encore un long chemin à parcourir. Néanmoins, avec ce que j'ai vu l'an dernier, je pense que c'est possible... même si ce sera difficile."

Trends.be, avec Belga

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