Grèce : bientôt la "fin de partie"

18/05/12 à 08:56 - Mise à jour à 08:56

Source: Trends-Tendances

L'expression est lancée par le commissaire européen De Gucht : la "fin de partie" est engagée pour la Grèce, et bien malin celui qui peut en prévoir l'issue. En attendant, Fitch a abaissé les notes du pays et le FMI suspendu ses contacts jusqu'aux élections.

Grèce : bientôt la "fin de partie"

Grèce : "La fin de partie est engagée", selon De Gucht


"Le fin de partie est à présent engagée et comment cela va se passer, je ne le sais pas", déclare Karel De Gucht, commissaire européen au Commerce, dans une entrevue publiée vendredi dans De Standaard à propos de la situation en Grèce. "La question est de savoir si tout le monde pourra garder son sang-froid dans les semaines à venir."


Il n'y a, selon Karel De Gucht, pas d'alternative : "La Grèce doit mettre en oeuvre les accords conclus. C'est la seule option rationnelle qu'a le pays. Mais cela n'est possible que si le peuple grec est en état de juger rationnellement via des élections. Seulement: ce sont des gens désespérés." Selon lui, ce ne serait pas une bonne idée de spéculer sur le fait que l'Europe plierait après les élections : "Il n'y a pas de marge. On arrive déjà à peine à une diminution de la dette avec le programme qui est actuellement sur la table."


Le commissaire européen estime que la Grèce restera à terme dans la zone euro mais n'exclut pas un troisième tour d'élections ou un référendum sur le retrait ou non de l'union monétaire. "En cas de sortie, la confusion serait énorme en Grèce. Le déficit budgétaire ne disparaîtrait pas non plus. Actuellement, ils peuvent encore le financer, avec beaucoup de problèmes, via le FMI et l'Europe. Mais il n'y a plus personne qui leur prête encore un sou."


Un retrait de la Grèce ne signifierait pas, selon Karel De Gucht, la fin de l'euro : "Il y a un an et demi, il y avait peut-être un danger d'un effet de dominos, mais aujourd'hui il y a, tant au sein de la Banque centrale européenne que de la Commission européenne, des services qui étudient des scénarios de secours au cas où la Grèce ne s'en sort pas." Il n'a pas voulu donner de détails à ce sujet.


Fitch abaisse les notes de la Grèce à cause du risque de sortie de l'euro


L'agence de notation financière Fitch a abaissé jeudi les notes de long terme de la dette en devises et en euros de la Grèce à "CCC" contre "B-" auparavant, citant "le risque accru" de sortie du pays de la zone euro. La note de la dette de court terme en devises a également été ramenée à "C" contre "B" auparavant.


"L'abaissement des notes de la dette souveraine de la Grèce reflète le risque accru que la Grèce ne soit pas en mesure de maintenir sa participation à l'Union économique et monétaire, justifie Fitch. Le score important des partis anti-austérité lors des élections parlementaires du 6 mai et l'échec consécutif à former un gouvernement montre le manque de soutien politique et public pour le programme (d'aides) de 173 milliards d'euros de l'Union européenne et du FMI."


Les dernières élections en Grèce ont vu la montée en puissance des partis anti-austérité et leur possible accession au pouvoir après le prochain scrutin prévu le 17 juin pourrait remettre en cause le maintien du pays au sein de la zone euro, d'où l'inquiétude des investisseurs. Le rejet des engagements de la Grèce vis-à-vis de ses créanciers, UE et FMI, serait "désastreux", a prévenu le Premier ministre sortant, Lucas Papademos.


Le FMI suspend ses contacts avec la Grèce jusqu'aux élections


Le Fonds monétaire international a indiqué jeudi qu'il suspendait ses contacts avec la Grèce jusqu'aux élections législatives et qu'il ne travaillerait pas avec le nouveau gouvernement nommé de manière transitoire pour expédier les affaires courantes. "Nous attendons avec intérêt de prendre contact avec le (futur) gouvernement une fois qu'il aura été formé", a affirmé à la presse un porte-parole de l'institution, David Hawley.


A un journaliste qui lui rappelait qu'un gouvernement avait pris ses fonctions à Athènes le jour même, ce porte-parole a précisé que le FMI comptait discuter avec le gouvernement formé "après les élections" du 17 juin. "L'essentiel est que notre mission (à Athènes) aura lieu après les élections. Je n'ai pas de date spécifique."


Le gouvernement technique formé jeudi en Grèce, composé en majorité d'universitaires ou de hauts fonctionnaires, a pour principale mission de préparer les élections. Il ne devrait pas avoir de parlement à sa disposition, puisque celui sorti des urnes le 6 mai doit être dissous vendredi, pour permettre le délai de vacance d'un mois prévu par la constitution avant chaque élection législative.


Le FMI a accordé en mars à la Grèce un nouveau prêt de 28 milliards d'euros, succédant à celui de 30 milliards d'euros de mai 2010, dont deux tiers avaient été versés. Le versement d'une deuxième tranche de ce prêt, d'un montant de 1,6 milliard d'euros, était initialement prévu fin mai.


Trends.be, avec Belga

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