France : derniers ajustements au plan d'austérité

06/11/11 à 16:41 - Mise à jour à 16:41

Source: Trends-Tendances

Lundi, le Premier ministre François Fillon pourrait annoncer, entre autres mesures, une hausse ciblée de la TVA.

France : derniers ajustements au plan d'austérité

© Reuters

D'ultimes consultations se poursuivaient dimanche autour d'un nouveau plan d'austérité, avant sa présentation lundi par François Fillon qui pourrait annoncer, entre autres mesures, une hausse ciblée de la TVA, la seconde "journée de solidarité" ayant en revanche du plomb dans l'aile.

"L'heure de vérité a sonné", a averti le Premier ministre français alors que l'exécutif, sitôt le chapitre du G20 refermé, se remettait à la tâche ce week-end pour dénicher les 6 à 8 milliards d'euros indispensables au respect des engagements financiers internationaux de la France.

Signe de la gravité des temps, outre le Premier ministre, quatre poids lourds du gouvernement, François Baroin (Economie), Valérie Pécresse (Budget), Xavier Bertrand (Travail) et Roselyne Bachelot (Solidarités), se sont retrouvés samedi à l'Elysée pour en débattre avec le président Nicolas Sarkozy.

Rien n'a filtré à l'issue de cette réunion d'un peu plus d'une heure mais selon certaines sources gouvernementales, l'idée d'une nouvelle "Journée de solidarité", sur le modèle de celle qui concourt depuis 2004 à la prise en charge des personnes âgées et des handicapés, tenait "moins la corde" dimanche.

Quoiqu'il en soit, François Fillon prévient depuis plusieurs semaines déjà que le budget 2012 sera "l'un des plus rigoureux depuis 1945" alors que l'économie française s'enfonce dans le marasme, avec une prévision officielle de croissance ramenée de 1,75% à 1%.

La France sous pression Abonné à l'annonce des mesures qui fâchent, après avoir déjà présenté fin août un premier plan de rigueur de 12 milliards d'euros, le Premier ministre détaillera "de sa bouche" les nouvelles mesures, comme l'a indiqué dimanche le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.

Ces annonces interviendront à l'issue d'un Conseil des ministres exceptionnellement reporté à lundi pour cause de G20.

Au lendemain de ce sommet présidé par la France et qui a fait de la crédibilité des Etats son credo en pleine crise de la Grèce et de la zone euro, au point de placer l'Italie sous la surveillance du Fonds monétaire international (FMI), la France est plus que jamais sous pression.

Depuis octobre, Paris vit sous l'épée de Damoclès des agences de notations. Moody's a placé le précieux "AAA" de la France sous observation et s'est donné trois mois pour décider ou non d'abaisser la perspective de la note française de "stable" à "négative".

Si l'agence américaine franchissait ce premier pas vers une dégradation de la France, les effets économiques et politiques seraient dévastateurs à quelques mois de la présidentielle.

Sur le détail des mesures, les débats au sein du gouvernement allaient encore bon train dimanche. Ministre influent, Alain Juppé à de nouveau défendu l'idée d'une hausse ciblée de la TVA, "un impôt qui est bon pour l'emploi".

Le taux réduit appliqué à la restauration, aux travaux de rénovation des logements ou aux divers emplois à domicile pourrait être relevé de 5,5% à 7%, au grand dam de ses bénéficiaires.

Autre piste fiscale envisagée : une surtaxe exceptionnelle sur l'impôt des sociétés, visant les grands groupes.

L'opposition et les syndicats ont déjà sonné la charge. Le candidat PS à la présidentielle François Hollande verrait dans une hausse de la TVA "la preuve de l'inconstance, de l'incohérence de la politique qui est menée depuis 2007".

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, fustige "cette politique (qui) conduit à un affrontement avec le peuple et à l'affrontement des peuples entre eux".

Quant au président socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée, Jérôme Cahuzac, il estime que "9 à 10 milliards d'euros" d'économies ou de recettes fiscales nouvelles seraient en réalité nécessaires, jugeant qu'il "suffirait de supprimer le paquet fiscal voté en 2007" pour y parvenir.

A l'unission, le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, et celui de la CGT Bernard Thibault ont rejeté l'idée d'une nouvelle journée de solidarité, qu'ils ont assimilée à du "travail gratuit".

LExpress.fr

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