Finance, devises, pauvreté, climat : le bilan du G20

12/11/10 à 09:27 - Mise à jour à 09:27

Source: Trends-Tendances

Les dirigeants des pays du G20 se sont dits prêts à mettre "totalement" en oeuvre les nouvelles normes bancaires "Bâle III", destinées à rendre les institutions financières plus résistantes. Ils ont également mis en garde "contre les politiques économiques non coordonnées" et promis de mieux lutter contre la pauvreté. Sans convaincre les ONG.

Finance, devises, pauvreté, climat : le bilan du G20

© Bloomberg

Le G20 prêt à mettre en oeuvre les nouvelles normes bancaires

Les dirigeants des pays du G20, réunis vendredi à Séoul, ont indiqué être prêts à mettre en oeuvre de façon complète les nouvelles normes bancaires, dites de Bâle III, destinées à rendre les institutions financières plus résistantes, selon le communiqué final du sommet.

"Nous allons totalement mettre en oeuvre les nouvelles normes concernant le capital et la liquidité des banques", a indiqué ce communiqué, rendu public à l'issue du 5esommet du G20. Les normes dites de Bâle III sont destinées à entrer en vigueur à partir de 2013 et prévoient notamment une augmentation des fonds propres des banques d'ici au 1er janvier 2015.

Les pays du G20 sont également convenus de remédier au problème posé par les institutions financières dites "systémiques", qui présentent un risque pour l'ensemble du système financier en cas de défaillance. Ils n'ont toutefois donné aucun détail sur les moyens qu'ils entendaient mettre en oeuvre pour y parvenir.

Le Conseil de stabilité financière (CSF) a présenté un rapport sur ce point, qui doit être rendu public plus tard vendredi.

Le G20 met en garde contre les politiques économiques non coordonnées

Les pays du G20 ont sévèrement mis en garde vendredi contre des politiques économiques "non coordonnées", aux conséquences nécessairement désastreuses "pour tous", selon le communiqué final diffusé à l'issue du sommet des pays les plus puissants de la planète.

Ils se sont également engagés à Séoul à s'abstenir d'avoir recours à des dévaluations compétitives de leurs monnaies, alors que ce sommet s'est déroulé sur fond de vives tensions à propos des taux de change, notamment entre la Chine et les Etats-Unis.

Le "plan d'action de Séoul", détaillé dans le communiqué, appelle les pays développés et émergents à "assurer la reprise en cours, une croissance durable et la stabilité des marchés financiers, en particulier en évoluant vers des systèmes de changes davantage déterminés par les marchés, en renforçant la flexibilité des taux de change pour refléter les fondamentaux économiques et en s'abstenant de dévaluations compétitives des monnaies".

"Les économies développées, y compris celles avec des monnaies de réserve, doivent se montrer vigilantes contre une volatilité excessive et des fluctuations désordonnées de leur taux de change", ajoute le texte.

Le communiqué indique par ailleurs que "des actions économiques non coordonnées ne peuvent qu'empirer la situation pour tous".

Le G20 endosse la réforme historique du FMI

Les dirigeants du G20 ont endossé vendredi la réforme historique du Fonds monétaire international, qui double son capital et modifie la répartition des pouvoirs. Cette réforme, "aux résultats ambitieux", est "une étape importante vers un FMI plus légitime, crédible et efficace", a indiqué le communiqué final publié vendredi à l'issue du sommet des 20 pays les plus puissants de la planète.

Le principe d'un "doublement des quotes-parts" avait été proposé le 23 octobre, à l'issue d'une réunion à Gyeongju (Corée du Sud), par les ministres des Finances et banquiers centraux du G20. Les pays européens ont accepté de réduire de deux le nombre de leurs sièges au conseil d'administration. En outre, "plus de 6 %" des droits de vote au sein du FMI seront transférés de pays surreprésentés - principalement des pays riches et producteurs de pétrole - vers des pays émergents sous-représentés. 110 des 187 Etats membres voient ainsi leurs droits de vote augmentés.

Le G20 adopte un plan d'action pour soutenir les pays en développement

"La prospérité, pour être durable, doit être partagée", selon le document final du sommet des principaux pays riches et émergents. Le G20 a donc adopté un plan d'action pour les pays en développement visant à mieux assurer leur sécurité alimentaire et lutter contre l'évasion fiscale, mais dont les termes sont trop vagues pour rassurer les ONG.

Ce plan prévoit, entre autres, de faciliter l'investissement public et privé dans des projets d'infrastructure qui constituent des goulets d'étranglement pour les économies de nombreux pays en développement.

"Il est dommage que ces investissements ne s'étendent pas à la santé et à l'éducation, qui sont tout aussi importantes pour le développement, a cependant estimé Luc Lamprière, porte-parole d'Oxfam International. Le consensus de Séoul semble être que le développement est important mais que les actions concrètes peuvent attendre, alors même qu'un milliard de personnes souffrent de la faim et que des millions de personnes sont plongées dans la pauvreté par la crise économique."

L'organisation Save The Children se réjouit que le G20 mentionne la nécessité de la croissance et de l'aide, mais "les dirigeants doivent tenir leur parole, avertit-elle. Leur action sera couronnée de succès si chaque enfant grandit en bonne santé et sans avoir faim. Le relais a maintenant été passé au président Sarkozy, qui devra hâter l'avènement d'un monde meilleur pour les enfants vulnérables."

Climat : le G20 s'engage à assurer le succès de Cancun

Les pays du G20 se sont engagés à assurer le succès de la conférence mondiale sur le climat de Cancun fin novembre au Mexique, destinée à limiter le réchauffement de la planète, au-delà des engagements du protocole de Kyoto, selon un communiqué.

"Nous n'épargnerons aucun effort pour parvenir à un résultat équilibré et couronné de succès à Cancun", selon le texte dans lequel les chefs d'Etat et de gouvernement du G20 "réaffirment leur engagement résolu à combattre le changement climatique".

Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Onu, avait jugé le mois dernier "improbable" qu'un accord global et contraignant puisse être signé à Cancun, un an après l'échec du sommet de Copenhague. Il avait cependant indiqué que des progrès étaient possibles sur certaines mesures concrètes faisant l'objet d'un consensus.

Les dirigeants des pays du G20 veulent également "protéger l'environnement mondial marin".

Trends.be, avec Belga

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