Faillite de l'Argentine: de quoi compliquer des restructurations futures?

31/07/14 à 17:11 - Mise à jour à 17:11

Source: Trends-Tendances

Que pensez du défaut de paiement de la dette argentine ? L'avis de Peter Vanden Houte, chief economist auprès la banque ING.

Faillite de l'Argentine: de quoi compliquer des restructurations futures?

© Bloomberg

Quel regard jetez-vous sur cette énième faillite de l'Argentine ? C'est une affaire compliquée. En payant les fonds vautours, on aurait été dans une situation où les détenteurs d'obligations argentines ayant fait l'objet d'une restructuration auraient pu exiger le même traitement que ces deux fonds vautours américains et donc être remboursés à prix fort. Cela aurait annulé tout le bénéfice de la restructuration passée. Raison pour laquelle on a préféré aller jusqu'au défaut de paiement.

Pour l'Argentine elle-même, c'est un pays qui n'avait déjà pas accès aux marchés financiers internationaux. Son défaut de paiement ne va rien arranger. Il va rendre encore plus difficile son financement et prolonger son isolement du reste du monde.

Y a-t-il un risque de contagion ? Ce risque est selon moi minime. De par l'isolement de l'Argentine, son défaut de paiement ne devrait pas contaminer d'autres pays faibles, en Amérique du Sud ou ailleurs. L'effet de contagion sera limité. Cette affaire ne crée-t-elle pas un précédent ? Les conséquences structurelles à long terme ne sont pas négligeables. Cela va rendre plus difficile les restructurations de dettes des pays en difficulté. En effet, il sera à l'avenir très difficile pour un pays d'arriver à un accord avec ses créanciers. Le risque existe : des investisseurs qui n'ont pas accepté la restructuration de la dette d'un pays peuvent toujours exiger avec l'aide d'un juge le remboursement à 100 %. Cela va très loin. Qui va encore à l'avenir accepter une décote pour aider un pays en difficulté à s'en sortir ? Un des fonds vautours américains est allé jusqu'à faire saisir un bateau de la marine argentine pour faire valoir son dû en 2012.

Propos recueillis par Sébastien Buron

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