Euromanif : "Cette Europe-là, on la vomit !"

22/06/11 à 11:12 - Mise à jour à 11:12

Source: Trends-Tendances

Des milliers de manifestants, entre 7.000 et 7.500 selon la police luxembourgeoise, entre 15.000 et 20.000, selon les syndicats, ont envahi le centre de Luxembourg-ville, mardi après-midi, pour manifester "contre l'austérité" et pour une "Europe sociale".

Euromanif : "Cette Europe-là, on la vomit !"

© EPA

La manifestation des syndicats européens, mardi à Luxembourg, était importante pour maintenir la pression sur l'Europe, a déclaré Luc Cortebeeck, président de la CSC : "L'Europe doit être plus sociale !"

Un contact avec Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois, a été très positif, selon lui : "Il soutient l'idée d'euro-obligations et de taxe sur les transactions financières."

Le président de la CSC a aussi donné son avis sur la crise grecque : "Il est important que les Grecs retrouvent certaines perspectives. Il faut investir en Grèce. Des efforts d'assainissement sur le dos des travailleurs ne sont pas une solution."

Des milliers de manifestants à Luxembourg "contre l'austérité" et pour "une autre Europe"

Des milliers de manifestants, entre 7.000 et 7.500 selon la police luxembourgeoise, entre 15.000 et 20.000, selon les syndicats, ont envahi le centre de Luxembourg-ville, mardi après-midi, pour manifester "contre l'austérité" et pour une "Europe sociale", à l'appel de la Confédération européenne des syndicats (CES).

L'euromanifestation a démarré vers 15 h, dans le vacarme des pétards et sous une forêt de drapeaux et de banderoles, depuis les abords de la gare de la capitale grand-ducale. Parmi les manifestants venus des quatre coins de l'Europe, des Luxembourgeois, des Français, des Allemands, mais aussi de nombreux Belges. "On veut une Europe sociale, déclare Gaëtan Vanneste, drapeau rouge à la main, venu avec une cinquantaine de camarades de la régionale FGTB de Mouscron. Les travailleurs ont de moins en moins de pouvoir d'achat et les riches sont de plus en plus riches."

En tête de cortège, de jeunes manifestants, dont de jeunes militants de la CSC, de la CGSLB et de la FGTB, courent derrière une large banderole réclamant "davantage et de meilleurs emplois pour les jeunes en Europe". Derrière eux, une poignée de manifestants lituaniens, quelques dizaines de Portugais du syndicat UGT-Portugal.

Plus loin, une militante du syndicat luxembourgeois OGB-L se félicite que Luxembourg soit le théâtre de cette euromanifestation : "Pour nous, c'est un bon signe, estime Nora Back. Les Luxembourgeois ont toujours été nombreux, pour un petit pays, à participer aux manifestations, comme à Strasbourg et à Bruxelles."

Le long du parcours, des membres de la CSC construisent un "mur de la honte" dont les briques en carton énumèrent les bénéfices réalisés par d'importantes sociétés européennes.

"Nous sommes là pour dire à nos élus européens que cette Europe-là, on la vomit !"

Arrivé au bout de l'itinéraire prévu, un manifestant français du syndicat CFDT se déclare "profondément européen" mais réclame une autre Europe : "Nous sommes là pour dire à nos élus européens, s'ils nous entendent, que cette Europe-là, on n'en veut pas, on la vomit !, affirme Edouard Martin, présent avec un groupe de 200 travailleurs de l'usine ArcelorMittal de Florange S'ils ne veulent pas que la gangrène de la Grèce se propage à l'ensemble de l'Europe, ils ont intérêt à nous écouter."

La fin de la manifestation a vu plusieurs responsables syndicaux européens prendre la parole pour rappeler leurs revendications d'un maintien des acquis sociaux, de l'instauration d'une taxe sur les transactions financières ou encore de la mise en place d'euro-obligations.

Selon les syndicats, la situation délicate de la Grèce, qui revient dans tous les discours, montre que l'austérité n'est pas la solution à la crise. Du côté de la CES, qui estime le nombre de manifestants à près de 20.000, on s'est déclaré satisfait de la mobilisation atteinte pour cette manifestation décidée il y a un mois lors du congrès de l'organisation syndicale européenne à Athènes.

Trends.be, avec Belga

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