Eurogroupe: Schäuble "confiant" d'arriver à un accord sur la Grèce ce vendredi

14/08/15 à 15:52 - Mise à jour à 15:52

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble s'est dit confiant dans le fait que l'Eurogroupe allait aboutir ce vendredi à un accord sur le troisième programme d'aide à Athènes, au seuil d'une réunion sur le sujet à Bruxelles avec ses collègues de la zone euro. Voici les principaux points de discussions de l'Eurogroupe.

Eurogroupe: Schäuble "confiant" d'arriver à un accord sur la Grèce ce vendredi

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"Je suis confiant dans le fait que nous allons aboutir à un résultat aujourd'hui", a déclaré le ministre allemand à son arrivée sur le lieu de cette réunion. "Si nous ne trouvions pas de solution aujourd'hui, nous devrions mettre en place un prêt relais", a toutefois ajouté M. Schäuble.

Eurogroupe

Voici les principaux points sur lesquels doivent porter les discussions de l'Eurogroupe consacré ce vendredi au nouveau plan d'aide à la Grèce en échange d'engagements de réformes, selon un document de travail obtenu par l'AFP qui reprend en grande partie les réserves émises par l'Allemagne.

Ce nouveau plan d'aide, le troisième depuis 2010, a été adopté vendredi à l'issue d'un débat-marathon au Parlement grec. Il doit désormais faire l'objet d'un examen pointu par l'Eurogroupe, pour décider si la Grèce remplit les conditions lui permettant de toucher rapidement un premier versement sur les quelque 85 milliards prévus. Certains points continuent toutefois de poser question.

LA SOUTENABILITE DE LA DETTE

La dette grecque est "la question ouverte la plus importante", fait valoir ce document de deux pages, qui souligne que les besoins de financement en Grèce "sont plus importants que prévu".

Le FMI, un des principaux créanciers du pays aux côté des Européens, a clairement indiqué qu'il ne participerait au financement du plan que si les Européens prennent prochainement "des décisions" sur un allègement de la dette grecque qu'ils détiennent en grande partie. De quoi embarrasser les Européens, Allemagne surtout, qui tout à la fois exigent la participation du FMI au plan d'aide, mais ne veulent pas perdre d'argent en allégeant la dette grecque.

Celle-ci atteint quelque 320 milliards d'euros, soit 170% du PIB, et devrait monter à 200% l'an prochain.

Athènes doit être plus précis sur ses projets pour réduire cette dette colossale et ses engagements actuels sont jugés "non-conformes" aux attentes des créanciers, est-il estimé dans le document.

FONDS DE PRIVATISATION

En juillet dernier, Athènes s'était engagé à transférer à un "fonds indépendant" ses actifs "de valeur". Ce fonds doit ensuite les "monétiser", soit en les vendant, soit en les exploitant de manière la plus rentable possible. L'objectif est de collecter 50 milliards d'euros sur toute la durée du troisième programme.

Dans l'accord soumis vendredi à l'Eurogroupe, Athènes promet la mise sur pied d'ici le mois d'octobre d'une "équipe indépendante afin d'identifier les options possibles et de préparer des recommandations en vue de la création du fonds".

Mais certains créanciers jugent que la simple création d'une "équipe" n'est pas suffisante et ne remplit pas les conditions fixées par les créanciers, fait valoir le document de travail.

OBJECTIFS BUDGETAIRES

L'accord soumis à l'Eurogroupe ce vendredi a revu en nette baisse les objectifs budgétaires que doit atteindre Athènes ces prochaines années. Il est désormais prévu que le pays connaisse un déficit primaire (solde du budget hors remboursement de la dette) de 0,25% du PIB en 2015, avant des excédents primaires de 0,5% du PIB en 2016, 1,75% en 2017 et 3,5% en 2018, au lieu d'excédents chaque année, comme espéré précédemment.

Les projets d'Athènes pour atteindre ces objectifs sont jugés "partiellement conformes" aux demandes des créanciers, fait savoir le document de travail, mais certains créanciers réclament plus de clarté sur les mesures que compte entreprendre Athènes pour atteindre un excédent de 3,5% en 2018.

REFORME DE L'ADMINISTRATION PUBLIQUE

A ce stade, "aucun plan concret" n'a été présenté par Athènes pour réduire durablement les coûts de la fonction publique grecque, selon le document.

STRATEGIE DE REFORMES

De manière plus générale, la Grèce n'a pas suffisamment fait la lumière sur la direction qu'elle compte prendre en matière de réformes, indique le document. Il est demandé au gouvernement grec de donner plus de détails sur le calendrier, la mise en oeuvre et l'évaluation des réformes prévues.

Avec l'AFP

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