Espagne, Italie, Grèce : la tension ne baisse pas sur le Sud

24/04/12 à 15:51 - Mise à jour à 15:51

Source: Trends-Tendances

L'Espagne et l'Italie emprunte à des taux en forte hausse, sur fond d'inquiétude pour la zone euro, tandis que la Grève prévoit une récession plus lourde que prévu en 2012.

Espagne, Italie, Grèce : la tension ne baisse pas sur le Sud

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L'Espagne paie beaucoup plus cher pour se financer à court terme

L'Espagne a levé mardi 1,933 milliard d'euros en bons à 3 et 6 mois, dans le haut de la fourchette visée, mais a dû concéder des taux d'intérêt en forte hausse dans un climat de tension sur les marchés, avec une Bourse madrilène à ses plus bas niveaux en trois ans.

La demande des investisseurs est restée forte, dépassant les 9,4 milliards, ce qui a permis au Trésor d'atteindre son objectif d'emprunter 1 milliard à 2 milliard. Mais le coût a presque doublé par rapport à la dernière émission similaire, le 27 mars : 0,634 % sur trois mois (contre 0,381 %) et 1,580 % sur six mois (contre 0,836 %), selon la Banque d'Espagne.

Le pays, qui avait vécu une fin de 2011 très tendue sur les marchés, avant que ceux-ci ne s'apaisent au premier trimestre de 2012, est de nouveau en crise, les marchés doutant de ses capacités à suivre son strict programme budgétaire. L'Espagne a promis de ramener son déficit public de 8,51 % du PIB fin 2011 à 5,3 % en 2012 puis 3 % en 2013, mais la situation se complique car elle a renoué dès ce trimestre avec la récession.

La Banque d'Espagne a estimé lundi que le PIB du pays avait accentué son recul au premier trimestre, avec une baisse de 0,4 % par rapport au dernier trimestre de 2011, où il avait déjà diminué de 0,3 %.

L'Italie emprunte près de 3,5 milliards d'euros à des taux en forte hausse

Le Trésor italien a emprunté mardi près de 3,5 milliards d'euros sur le marché, un montant frôlant son objectif maximum, à des taux en forte hausse en raison du regain d'inquiétude des investisseurs pour la zone euro, a annoncé la Banque d'Italie.

Rome, qui comptait lever entre 2 milliards et 3,5 milliards d'euros, a émis 3,44 milliards d'euros d'obligations grâce à une demande qui s'est élevée au total à 6,5 milliards. Dans le détail, le Trésor a émis 2,5 milliards d'euros de certificats du Trésor zéro coupon à échéance 2014 dont les taux ont bondi à 3,355 %, contre 2,352 % lors de la dernière opération similaire le 27 mars. Il a émis en outre 501 millions d'euros de bons du Trésor indexés sur l'inflation à échéance 2017 dont les taux se sont inscrits à 3,88 %, contre 2,04 %, et 441,5 millions d'euros de bons du Trésor indexés sur l'inflation à échéance 2019 à un taux de 4,32 %, contre 3,06 %.

Rome, qui avait profité depuis le début de l'année de conditions d'emprunt favorables, fait face à un bond de ses taux d'intérêt depuis la mi-avril en raison du regain d'inquiétude des marchés pour la zone euro et en particulier pour l'Espagne. Ce climat de tensions s'est accentué lundi sous l'effet de la crise politique au Pays-Bas et du résultat du premier tour de l'élection présidentielle française, qui a vu le candidat socialiste François Hollande devancer Nicolas Sarkozy.

La Banque de Grèce prévoit une récession plus lourde que prévu en 2012

La Grèce verra son PIB chuter de "près de 5 %" en 2012, soit plus que les estimations initiales, après un recul de 6,9 % en 2011, a prévu mardi la Banque de Grèce dans son rapport annuel sur l'économie du pays. Le 19 mars, dans son rapport annuel de politique monétaire, la Banque de Grèce avait prévu un recul du PIB de 4,5 % en 2012, cinquième année consécutive de récession.

Par rapport au 19 mars, elle a maintenu inchangée sa prévision de hausse du taux de chômage annuel à "plus de 19 %" en 2012, contre 17,7 % en 2011, année durant laquelle 300.000 emplois ont été détruits, selon la Banque.

"La récession sera moins intense qu'en 2011 à condition que les mesures structurelles (Ndlr, négociées avec les créanciers du pays) soient mises en place sans délai", a mis en garde la banque centrale dans son rapport.

L'institution dépeint les autres ravages de la crise, affectant aussi les banques qui ont vu le total de leurs dépôts chuter de "plus de 70 milliards" depuis le début de la crise entre la fin de 2009 et février 2012, soit "l'équivalent d'un tiers du PIB".

"2012 devrait être une année de référence pour le reprofilage du système bancaire" en Grèce, ajoute le rapport. L'institution prévoit aussi que le taux d'inflation en 2012 s'élèvera aux alentours de 1,2 %, et qu'il pourrait tomber "au dessous de 0,5 %" en 2013.

Trends.be, avec Belga

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