Erdogan exhorte les Turcs à convertir leurs devises étrangères en livres turques

02/12/16 à 14:27 - Mise à jour à 14:27

Source: Afp

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté vendredi ses concitoyens à convertir leurs devises étrangères en livres turques, afin de soutenir la monnaie nationale qui ne cesse de se déprécier.

Erdogan exhorte les Turcs à convertir leurs devises étrangères en livres turques

© Getty Images/iStockphoto

"Que ceux qui ont des devises étrangères sous l'oreiller les convertissent en or, les convertissent en livres turques. Que la livre turque et l'or gagnent de la valeur", a dit M. Erdogan lors d'un discours à Ankara retransmis à la télévision.

Les déclarations du président turc surviennent alors que la livre turque bat chaque semaine de nouveaux records à la baisse face au dollar en raison des incertitudes politique et d'une situation sécuritaire tendue.

Les marchés s'inquiètent également des interventions répétées dans les affaires économiques de M. Erdogan qui ne cesse d'appeler la banque centrale à abaisser ses taux, malgré une inflation élevée (plus de 7%).

"Il n'y a pas d'autre choix que de faire baisser les taux d'intérêt", a encore insisté M. Erdogan vendredi. "Ce que je dis est aussi valable pour les banques publiques", a-t-il ajouté.

Après ses déclarations, la livre turque a piqué du nez, battant de nouveaux records à la baisse. A 11H15 GMT, un dollar s'échangeait contre 3,57 livres et un euro contre 3,78 livres.

Consciente des inquiétudes suscitées par l'érosion de la livre, qui a perdu 13% de sa valeur le mois passé, la Banque centrale turque a relevé en novembre de 50 points de base son principal taux directeur après une longue période de baisse.

Cette mesure n'a eu que peu d'effet, tant les tensions politiques sont élevées: les relations avec l'Europe se sont fortement dégradées et le Premier ministre turc a annoncé l'introduction au Parlement la semaine prochaine d'une réforme constitutionnelle visant à renforcer davantage les pouvoirs de M. Erdogan.

Les plus hauts responsables du secteur économique doivent se réunir vendredi soir au sein du Conseil de coordination économique (EKE), pour la troisième fois en deux semaines.

TrendsInformation Services

Nos partenaires