Energie à prix gelés : une fausse bonne idée ?

14/02/12 à 16:02 - Mise à jour à 16:02

Source: Trends-Tendances

Geler les prix de l'énergie ? L'idée est bonne, pas le calendrier, estime Agoria. Car la mesure entrera en vigueur en avril. Or, d'ici là, la fédération technologique s'attend à de fortes augmentations de prix, surtout pour le gaz. Bref, les prix seront bloqués à un niveau élevé...

Energie à prix gelés : une fausse bonne idée ?

© Thinkstock

Les prix de l'énergie augmentent plus vite chez nous que dans les pays voisins, peut-on lire dans le rapport de la Creg, le régulateur du secteur, publié aujourd'hui. C'est pourquoi le ministre Vande Lanotte propose de geler les prix à partir d'avril.

Un pas dans la bonne direction, estime Agoria, la fédération de l'industrie technologique, qui prévient cependant : "L'effet de cette mesure ne sera pas énorme ! L'impact final de la mesure proposée sur l'inflation sera de ce fait limité à maximum 0,16 %. Si l'on était intervenu plus tôt, l'inflation aurait pu être freinée de 0,5 %, ce qui aurait déjà réduit de moitié l'écart d'inflation avec les pays voisins en 2011", déplore Agoria.

Energie : "Un gel des prix en avril reviendra à les bloquer à un niveau élevé !" (Agoria)

Avant même la publication du rapport de la Commission de régulation de l'électricité et du gaz, le ministre fédéral de l'Economie a, donc, déjà annoncé plusieurs mesures visant à maîtriser les hausses de prix, la principale étant le blocage des paramètres d'indexation des prix de l'énergie.

Problème : cette mesure n'entrera en vigueur qu'au mois d'avril. "Trop tard !, estime Agoria. Il faut encore s'attendre à de fortes augmentations des prix en février et en mars, surtout pour le gaz. Un gel des prix en avril reviendrait donc à les bloquer à un niveau élevé."

D'après les calculs de la fédération technologique, l'impact réel de la mesure sur l'inflation ne s'élèverait dès lors qu'à 0,16 % au maximum.

Energie à prix gelés : une "occasion manquée" mais une "assurance contre d'éventuelles nouvelles hausses de prix"

Il s'agit d'une occasion manquée, déplore encore la fédération technologique belge : "Si des mesures avaient été prises plus tôt, l'inflation aurait pu ralentir de 0,5 %, ce qui équivaut à la moitié de l'écart d'inflation avec nos pays voisins en 2011. Et cela aurait constitué une première étape importante en vue de freiner la dégradation de notre compétitivité."

Agoria se réjouit néanmoins que des initiatives voient enfin le jour "pour brider notre inflation galopante" : "Si le gel des prix n'a pas d'effet immédiat, il constitue à tout le moins une assurance contre d'éventuelles nouvelles hausses de prix plus tard dans l'année."

"Gageons que les propositions du ministre Vande Lanotte ne sont que les prémices d'une véritable politique de lutte contre l'inflation, laquelle est absolument indispensable : en raison de la liaison automatique des salaires à l'index, la compétitivité de nos entreprises s'est considérablement dégradée ces dernières années, avec toutes les conséquences qui en découlent pour la prospérité et l'emploi dans notre pays."

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